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PSA officialise son union avec Dongfeng en grande pompe

PSA officialise son union avec Dongfeng en grande pompe

Le constructeur automobile PSA Peugeot Citroën a officialisé mercredi à l'occasion de la visite du président chinois à Paris son mariage avec Dongfeng, sous l'égide de l'Etat français, ce qui, espère-t-il, l'aidera à rebondir.
Le président chinois Xi Jinping et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius le 26 mars 2014 à Lyon
Le président chinois Xi Jinping et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius le 26 mars 2014 à Lyon - Robert Pratta AFP
© 2014 AFP

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Le constructeur automobile PSA Peugeot Citroën a officialisé mercredi à l'occasion de la visite du président chinois à Paris son mariage avec Dongfeng, sous l'égide de l'Etat français, ce qui, espère-t-il, l'aidera à rebondir.

L'accord a été signé en présence de Xi Jinping et de François Hollande à l'Elysée en fin d'après-midi.

Il prévoit que l'Etat et le constructeur chinois déboursent chacun 800 millions d'euros pour prendre l'un et l'autre 14% du capital du constructeur automobile français.

Ceci les placera au même niveau que l'actionnaire historique, la famille Peugeot, à l'issue d'une augmentation de capital de 3 milliards d'euros qui devrait être lancée fin avril.

«C'est le début d'une nouvelle aventure», s'est réjoui le ministre de l'Economie Moscovici, lors d'une conférence de presse après la signature, assurant que l'Etat «s'engage comme actionnaire de long terme». Représentant de l'actionnariat familial Robert Peugeot a évoqué de son côté «une date clé pour le groupe».

Le président du directoire de PSA, Philippe Varin, qui cèdera son poste lundi à Carlos Tavares, a dit sa «fierté de voir le groupe repartir à la conquête» grâce à cette alliance.

Les grandes lignes du partenariat avaient déjà été dévoilées.

PSA espère se renforcer sur le premier marché automobile mondial, la Chine, mais aussi en Asie du Sud-Est, afin de réduire sa dépendance au continent européen où les ventes de voitures neuves sont en berne. DPCA, sa co-entreprise déjà en place avec Dongfeng en Chine, devrait produire 1,5 million de véhicules par an d'ici 2020.

Ceci passera par «des licences de technologies développées par PSA» et «le lancement de deux à trois modèles par an» pour Peugeot, Citroën et la marque propre de DPCA, expliquait-il à la mi-février.

Selon Robert Peugeot, la marque propre de Dongfeng, Fengshen, «pourrait un jour (venir en France), mais pas tout de suite».

Les deux constructeurs se doteront aussi d'un centre de recherche et développement commun.

Cette coopération devrait aider le français à réaliser des synergies avec Dongfeng d'environ 400 millions d'euros par an d'ici 2020.

«Depuis 22 ans nous travaillons main dans la main et nous nous soutenons mutuellement», a rappelé le président de Dongfeng, Xu Ping. Cette nouvelle étape constituera «une coopération gagnante-gagnante», a-t-il ajouté.

- Tavares et Gallois au volant -

Le soutien financier de l'Etat et de Dongfeng doit également permettre à PSA de renforcer son positionnement en Europe en lui redonnant la capacité d'investir. L'entreprise, qui a fermé son usine d'Aulnay-sous-Bois en région parisienne, affichait encore à la fin de 2013 une perte nette de 2,3 milliards d'euros. Le groupe a compté un moment sur son rapprochement avec l'américain General Motors pour améliorer les choses, mais il a tourné court.

Carlos Tavares pourrait entrer un peu plus dans les détails de leur accord industriel lors d'une conférence de presse prévue vendredi à Pékin.

Le changement d'actionnariat a aussi eu des conséquences sur la composition du conseil de surveillance. C'est Louis Gallois, homme de confiance de l'Etat, qui en prendra la tête, en remplacement de Thierry Peugeot. Chacun des trois grand actionnaires aura deux représentants.

Carlos Tavares s'était dit au début du mois «très serein» avec cette nouvelle configuration.

L'ex-numéro deux de Renault, qui a commencé à prendre ses marques chez PSA depuis décembre, s'est attelé à la mise sur pied d'un nouveau plan stratégique. Nommé «back in the race» («de retour dans la course»), ce plan sera présenté le 14 avril.

M. Tavares veut passer en revue le nombre des silhouettes proposées par Peugeot et Citroën et le rationaliser en fonction des marchés. Il compte aussi améliorer la compétitivité des usines en Europe, redresser la barre en Amérique latine et en Russie, deux zones où le groupe perd de l'argent, et vendre les voitures au meilleur prix. Il rêve aussi de faire un jour de la gamme DS de Citroën une marque à part entière.

Ce féru de course automobile peut déjà se réjouir du retour, annoncé mercredi, de Peugeot au rallye Dakar.