Comment PSA et le Chinois Dongfeng sont passés du flirt au mariage

AUTOMOBILE L’accord de partenariat stratégique entre PSA et le groupe chinois Dongfeng est officiellement signé ce mercredi 26 mars. Retour sur des mois de flirt et de négociations….

Romain Lescurieux

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Le conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën examinera dimanche les diverses options envisagées autour de l'entrée au capital du chinois Dongfeng et de l'État français, qui doivent apporter au constructeur automobile les fonds nécessaires à son redressement.
Le conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën examinera dimanche les diverses options envisagées autour de l'entrée au capital du chinois Dongfeng et de l'État français, qui doivent apporter au constructeur automobile les fonds nécessaires à son redressement. — Sebastien Bozon AFP

A l’occasion de la visite d’Etat du président chinois Xi Jinping en France cette semaine, le partenariat entre PSA Peugeot-Citroën et Dongfeng sera officiellement scellé ce mercredi 26 mars.

Depuis quand ils se connaissent?

La relation ne date pas d’aujourd’hui. Le groupe automobile chinois Dongfeng Motor est partenaire de PSA depuis 1992. Dongfeng Peugeot Citroën Automobile (DPCA) possède trois usines à Wuhan et Xiang Fan avec une capacité de production de 600 000 véhicules par an et compte 15 000 employés. Mais les deux groupes ont décidé d’aller plus loin dans leur attachement pour augmenter leurs productions et faire face aux difficultés économiques de PSA.

Que dit le protocole d’accord?

Mardi 18 février 2014, le conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën, a validé à l’unanimité, un protocole d’accord non contraignant entérinant l’entrée de l’Etat français et du constructeur automobile chinois Dongfeng à son capital, augmenté pour l’occasion de 3 milliards d’euros.

Quelles sont les conséquences pour PSA?

Les deux nouveaux actionnaires vont débourser près de 800 millions d’euros chacun. Peugeot qui détenait jusqu’alors 25,4 % du capital va alors voir sa participation ramenée à 14 %, à égalité avec Dongfeng et les pouvoirs publics. Elle perdra aussi ses droits de vote doubles qui lui assurait 38,1 % des droits de vote. Le nombre de ses représentants au conseil de surveillance de quatre devrait être réduit à deux.

Réticences?

Longtemps réticent, Thierry Peugeot a finalement reconnu et salué l’ouverture d’une «nouvelle page de l’histoire» de son groupe, qui va renforcer «sa solidité financière tout en traçant des perspectives de développement ambitieuses» et assurer «la pérennité et sa croissance future».

Comment la France compte limiter l’influence de son partenaire chinois?

Le contrat de mariage prévoit une clause pour que PSA, l’Etat français et Dongfeng ne puissent pas augmenter leur niveau de participation pendant les dix prochaines années. Le but principal est de limiter l’influence du constructeur chinois au sein du premier constructeur français qui emploie, aujourd’hui, près de 90.000 salariés dans l’Hexagone.

Qui pour assurer la présidence du groupe?

La semaine dernière, Louis Gallois a été nommé à la tête du conseil de surveillance de PSA pour remplacer Thierry Peugeot. L’assemblée générale des actionnaires, qui doit ratifier ce choix, se tiendra le 25 avril prochain. Le 31 mars, Philippe Varin de son côté sera remplacé par l’ex numéro deux de Renault Carolos Tavares à la tête du directoire de PSA. Philippe Varin, devrait toutefois rester au sein du groupe jusqu’à l’été afin d’accompagner l’arrivée des représentants de l’État et de Dongfeng.

Quel est le but d’un tel mariage?

PSA a affiché une perte nette de 2,3 milliards d’euros sur l’année 2013 et 5 milliards d’euros pour 2012. L’une des principales conséquences de ces chiffres a été la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois. PSA et les pouvoirs publics attendent donc beaucoup de cet accord. Le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a justifié en février un «investissement avisé et stratégique» de l’État dans PSA. Le ministre a également assuré que l’accord avec Dongfeng n’impliquait «pas de fermeture d’usine» en France.