La Redoute: CFDT, CGT et SUD n'ont pas signé le protocole d'accord

C. B. avec AFP

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M.Libert/20 Minutes

Les syndicats CFDT, CGT et SUD ont refusé vendredi de se plier au nouvel ultimatum des futurs repreneurs de La Redoute et de signer le protocole d'accord du plan social, ouvrant la voie à un recours au tribunal de commerce, a indiqué la CGT.

«SUD, CGT et CFDT se sont prononcés contre la signature et les salariés sont prêts à aller jusqu'au bout», a indiqué à la presse Fabrice Peeters, délégué CGT, alors que l'actionnaire Kering avait conditionné la cession de l'entreprise à deux de ses cadres à un accord sur les mesures sociales d'accompagnement.

Un peu plus tôt, plusieurs dizaines de salariés s’étaient retrouvés face à face vendredi au siège de La Redoute à Roubaix (Nord), avec d'un côté les partisans de la signature du protocole d'accord du plan de cession et de l'autre les opposants à cette signature. Environ 200 à 300 salariés du collectif «Signez pour l'avenir de La Redoute» s'étaient donné rendez-vous devant l'entrée roubaisienne. «Les négociations sont très, très favorables pour les salariés qui voudront quitter l'entreprise et pour ceux qui resteront aussi», a déclaré Bernard, qui s'est dit inquiet pour l'avenir de La Redoute.

Les invectives ont fusé, de «traîtres!» à «moutons!»

«C'est notre avenir, on a des enfants, des maisons à payer, on veut au moins se donner l'opportunité d'avoir un emploi, que ce soit à court ou long terme, on ne sait pas», a-t-il ajouté. «On voit bien que nos clients nous font de moins en moins confiance», a-t-il encore affirmé. Une autre salariée venue en soutien du collectif défendait le départ en préretraite. «J'ai 41 ans de Redoute, il me reste normalement un an à faire, et je vais me retrouver licenciée comme tout le monde, et ça c'est insupportable pour moi», a-t-elle expliqué, très émue.

Les manifestants avaient rapidement été rejoints par des grévistes qui s'opposent à la signature du protocole dans les termes actuels. «Regarde-les, ils ont 20 ans, ils n'ont pas vraiment travaillé à La Redoute», a regretté un gréviste. «Tous les gens qui sont ici présents veulent garder leur travail», a reconnu Fabrice Peeters, de la CGT, un des syndicats qui refuse de signer. «On est juste pas en adéquation par rapport aux propositions qui sont faites par la direction», a-t-il précisé. «Je ne suis pas contre la cession, je suis contre la cession dans l'état».

Le rassemblement n'a pas donné lieu à de débordements. Des membres du collectif «Signez» ont été hués lors de leurs discours. Dans les deux camps, les invectives ont fusé, de «traîtres!» à «moutons!»