Ultimatum de La Redoute: Les salariés sont divisés

avec AFP

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M.Libert/20 Minutes

Plusieurs dizaines de salariés se sont retrouvés face à face vendredi au siège de La Redoute à Roubaix (Nord), avec d'un côté les partisans de la signature du protocole d'accord du plan de cession et de l'autre les opposants à cette signature. Environ 200 à 300 salariés du collectif «Signez pour l'avenir de La Redoute» s'étaient donné rendez-vous devant l'entrée roubaisienne. «Les négociations sont très, très favorables pour les salariés qui voudront quitter l'entreprise et pour ceux qui resteront aussi», a déclaré Bernard, qui s'est dit inquiet pour l'avenir de La Redoute.

«C'est notre avenir, on a des enfants, des maisons à payer, on veut au moins se donner l'opportunité d'avoir un emploi, que ce soit à court ou long terme, on ne sait pas», a-t-il ajouté. «On voit bien que nos clients nous font de moins en moins confiance», a-t-il encore affirmé. Une autre salariée venue en soutien du collectif défendait le départ en préretraite. «J'ai 41 ans de Redoute, il me reste normalement un an à faire, et je vais me retrouver licenciée comme tout le monde, et ça c'est insupportable pour moi», a-t-elle expliqué, très émue.

Les invectives ont fusé, de «traîtres!» à «moutons!»

Les manifestants ont rapidement été rejoints par des grévistes qui s'opposent à la signature du protocole dans les termes actuels. «Regarde-les, ils ont 20 ans, ils n'ont pas vraiment travaillé à La Redoute», a regretté un gréviste. «Tous les gens qui sont ici présents veulent garder leur travail», a reconnu Fabrice Peeters, de la CGT, un des syndicats qui refuse de signer. «On est juste pas en adéquation par rapport aux propositions qui sont faites par la direction», a-t-il précisé. «Je ne suis pas contre la cession, je suis contre la cession dans l'état».

Le rassemblement n'a pas donné lieu à de débordements. Des membres du collectif «Signez» ont été hués lors de leurs discours. Dans les deux camps, les invectives ont fusé, de «traîtres!» à «moutons!» L'arrivée rapide de Nathalie Balla et Eric Courteille, les deux repreneurs qui ont le soutien de l'actionnaire Kering, a également provoqué un chahut. «Merci d'être présents», a lancé Eric Courteille, qui a rappelé l'ultimatum prévu à 14h en attendant «trois signatures», celles des syndicats CFDT, CGT et Sud qui n'ont pas paraphé l'accord. «Il faut croire en l'avenir de La Redoute», a-t-il dit.