Le logo du groupe Bouygues Telecom le 19 décembre 2013 à Dunkerque, dans le nord de la France
Le logo du groupe Bouygues Telecom le 19 décembre 2013 à Dunkerque, dans le nord de la France — Philippe Huguen AFP

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Rachat de SFR: Bouygues surenchérit face à Numericable avec une offre à 13 milliards d'euros

L'opérateur ne veut pas lâcher l'affaire et reçoit désormais l'aide de l'Etat...

Bouygues Télécom ne s’avoue pas vaincu. L’opérateur éconduit la semaine dernière a décidé de surenchérir. Il a annoncé jeudi dans un communiqué avoir relevé son offre à Vivendi à 13,15 milliards d'euros en numéraire pour sa filiale télécoms SFR, malgré l'entrée en négociations exclusives avec Altice, maison mère de Numericable.

Cette nouvelle offre, supérieure de 1,85 milliard pour la partie en numéraire à la précédente présentée par Bouygues, «fédère de grands actionnaires industriels et financiers de long terme autour de son projet de fusion de Bouygues Telecom avec SFR», a souligné le groupe dans un communiqué. Mais surtout, on y note la présence de la CDC, comprenez la Caisse des dépôts, le bras financier de l'Etat.

La famille Pinault et JCDecaux Holding font également partie du tour de table. Ces partenaires ont accepté de «rentrer ou se renforcer au capital du nouvel ensemble», aidant ainsi Bouygues à relever le montant qu'il propose, précise le groupe. La Caisse des Dépôts, déjà actionnaire à 3% de Bouygues, a indiqué être prête à apporter 300 millions d'euros à la nouvelle offre, ce qui lui permettrait de prendre une part de 3% dans la nouvelle structure.

«C'est une opération intéressante, qui consolide le secteur des télécoms en France»

Pour Jean-Pierre Jouyet, son directeur général, «c'est une opération intéressante, qui consolide le secteur des télécoms en France». La CDC, aussi actionnaire de Bouygues, penche ainsi en faveur d'une recomposition du paysage des télécoms français de quatre à trois opérateurs (Orange, Bouygues-SFR, Free), précise une source proche, alors que l'offre d'Altice peut aboutir à maintenir la guerre des prix en vigueur avec quatre opérateurs.

Observant que le Conseil de surveillance de Vivendi «avait confirmé le caractère pertinent de l'offre de Bouygues mais avait considéré sa part en numéraire insuffisante» le groupe propose ainsi à Vivendi d'augmenter la part en numéraire de son offre pour emporter la partie. La nouvelle offre valorise SFR à 17,4 milliards d'euros «en intégrant la totalité des synergies, dont 16,3 milliards d'euros d'ores et déjà sécurisés par l'accord avec Free», à qui Bouygues s'est dit prêt à céder son réseau et des fréquences.

Cette offre «est supérieure de 1,4 milliard d'euros dans sa composante en numéraire à l'option concurrente actuellement en cours de négociation chez Vivendi», déposée par Altice, principal actionnaire de Numericable, détaille le groupe de médias, télécoms et BTP.

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