Plafonnement des remboursements de lunettes: Ce qui va changer pour vous

SANTE Un décret en préparation vise à endiguer l’inflation des tarifs chez les opticiens…

Claire Planchard

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Illustration: des lunettes chez un opticien.
Illustration: des lunettes chez un opticien. — FABRICE ELSNER/20 MINUTES

Et de deux. Après la loi Hamon sur la consommation, tout juste publiée au Journal officiel, la loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2014 devrait à son tour s’attaquer à l’envolée des frais d’optique.

Selon les informations publiées ce jeudi par Le Monde, le gouvernement n’entend pas se contenter d’encourager la concurrence des opticiens en ligne à bas prix: après avoir rendu obligatoire l’inscription de l’écart pupillaire sur les ordonnances des ophtalmologistes pour permettre aux Français d’acheter plus facilement des lunettes à bas coût sur Internet, le gouvernement plancherait aussi sur un décret prévoyant de réduire progressivement la prise en charge des complémentaires santé.

Dans le collimateur du gouvernement: le plafond de remboursement des contrats dits «responsables». Il s’agit de contrats créés en 2004 et qui doivent contribuer à la maîtrise des dépenses de santé des Français en respectant les parcours de soins en contrepartie d’une taxation à 7%, contre 14% pour les contrats «non responsables». Soit environ 90% des contrats en France.

Remboursement dégressif sur trois ans

Concrètement, selon les informations du Monde, le plafond de remboursement maximal pour les verres simples sera ramené de 350 euros en 2015 à 200 euros en 2018, au rythme de 50 euros par an et réduit de 600 à 400 euros pour les verres complexes. En revanche, le plafond pour les montures restera inchangé à 100 euros quels que soient les verres. Enfin, la prise en charge des lunettes sera limitée à une paire tous les deux ans, sauf en cas d’évolution de la vue et à l’exception des enfants.

«C’est avant tout une mesure de protection du consommateur», souligne Arnaud Giraudon, président du courtier en assurance A comme Assure. «Ce plafonnement ne contribuera pas à réduire le trou de la Sécurité sociale car le plafond de remboursement de l’assurance-maladie, lui, ne bouge pas. Mais cela devrait contribuer à faire baisser les dépenses du consommateur car c’est lui qui, in fine, paie la hausse des tarifs des opticiens et des prises en charge des complémentaires santé dans le coût de son contrat d’assurance», se félicite le spécialiste.

La Fnof, le Synope et l’UDO, syndicats représentatifs des opticiens français, affichent, eux, leur colère et leur scepticisme: «Le projet envisagé fixe des plafonds de remboursement en optique dégressifs dans le temps sans garantir une baisse des cotisations des complémentaires santé. Ce système conduira à une augmentation des frais de santé et aggravera la fracture sociale», expliquent-ils vendredi dans un communiqué commun, en appelant les pouvoir publics à «une réelle concertation» sur le projet. «Cette décision a été prise sans aucune consultation, et sur la base d’un diagnostic économique totalement erroné d’une hausse extrêmement forte des prix de l’optique capée sur les remboursements des complémentaires santé alors que la hausse de nos tarifs a été inférieure à l’inflation, selon l’Insee», explique à 20 Minutes Alexandra Duvauchelle, la déléguée générale du Synope, principal syndicat patronal de la branche.

Le gouvernement, lui, n’en démord pas: «Notre objectif est de faire baisser de 20 à 30% le prix des lunettes, soit environ un milliard d’euros de pouvoir d’achat qui pourra être restitué aux Français», a répété mercredi Benoît Hamon à l’occasion de la promulgation au Journal officiel de sa loi consommation.