La reconversion professionnelle est entrée dans les mœurs

EXCLUSIF Selon un sondage OpinionWay pour l'Afpa dévoilé par «20 Minutes», les Français sont désormais prêts à changer de métier ou de secteur d’activité…

Delphine Bancaud

— 

Un adulte en formation à l'école de boulangerie et de patisserie de Paris.
Un adulte en formation à l'école de boulangerie et de patisserie de Paris. — MEIGNEUX

Le changement professionnel, c’est maintenant. L’idée de la reconversion est désormais bien intégrée par les Français selon une étude* OpinionWay  pour l'Afpa dévoilée en exclusivité par 20 Minutes. Selon celle-ci, 66% des actifs ont déjà envisagé de changer de métier et  33% veulent le faire dans les trois ans à venir.

Une propension au changement qu’Hervé Estampes, directeur général de l'Afpa explique notamment par la crise: «Près de la moitié des personnes qui se reconvertissent par le biais de l’Afpa ont amorcé la démarche à la suite d’un licenciement. Et avec la crise, les personnes en poste ont aussi davantage conscience qu’il faut préparer leur avenir. Elles ont totalement intégré le fait qu’elles auront plusieurs vies professionnelles et qu’elles devront acquérir de nouvelles compétences pour passer de l’une à l’autre».

Un changement de cap déjà expérimenté pour beaucoup

Les conditions de travail qui se sont durcies dans nombre d’entreprises depuis le début de la crise, ont aussi joué un rôle selon lui: «Beaucoup d’actifs ne supportent plus la pression et veulent devenir leur propre patron pour avoir davantage de liberté. D’où l’idée d’apprendre un autre métier».

Et preuve que leur volonté de mobilité professionnelle n’est pas que virtuelle, 60% des sondés déclarent avoir déjà changé au moins une fois d’orientation professionnelle, c’est-à-dire de métier ou de secteur d’activité, 30% affirmant l’avoir déjà fait plusieurs fois. «Ce n’est plus l’apanage d’une classe d’âge car à l’Afpa, 15 % des stagiaires ont plus de 50 ans. Ce qui prouve encore que la mobilité professionnelle est réellement considérée comme une composante de la carrière», commente Hervé Estampes.

Des barrières persistantes

Pour autant, changer de voie professionnelle est toujours jugé difficile pour 94% de sondés, notamment  en raison d’un manque d’information et d’aide, de la complexité des démarches administratives à effectuer et du financement de leur projet. «Beaucoup de projets de reconversion avortent à cause du manque d’accompagnement. Les gens sont perdus dans le maquis des dispositifs de formation et ont besoin d’être guidés», reconnait Hervé Estampes. Car les DRH et les conseillers Pole emploi n’ont souvent pas le temps d’épauler les actifs dans le choix de formation, les démarches et le financement.

Malgré ce parcours du combattant, le jeu en vaut bien la chandelle selon les reconvertis, qui sont plus de la moitié à déclarer être plus épanouis professionnellement qu’avant. Quant aux DRH, 65% d’entre eux considèrent qu’un salarié reconverti représente un atout dans l’entreprise. «Le sens de l’histoire est là», résume Hervé Estampes. Et la mise en vigueur du compte personnel de formation dont sera doté chaque salarié tout au long de sa carrière, les possibilités de formation et donc de reconversion devraient être encore élargies.

*Etude réalisée auprès de 5000 actifs et de 500 chefs d'entreprise et DRH.