La Bourse de Paris reprend des couleurs

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Le Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris
Le Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris — Patrick Kovarik AFP

La Bourse de Paris a nettement rebondi lundi (+1,32%), après quatre séances de baisse, mais ce sursaut s'explique largement par des raisons techniques, car les investisseurs restent prudents face à l'évolution de la situation en Ukraine.

L'indice CAC 40 a pris 55,59 points à 4.271,96 points, dans un volume d'échanges faible de 2,8 milliards d'euros. Vendredi, il avait lâché 0,80%.

Parmi les autres marchés européens, Francfort a gagné 1,37% et Londres 0,62%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a pris 1,48%.

Le marché est reparti de l'avant dès l'ouverture après avoir perdu plus de 3% la semaine dernière, notamment en raison des craintes persistantes entourant l'Ukraine.

«Le rebond est purement technique. La volatilité reste élevée et il faut prendre cette hausse avec prudence étant donné que les éléments qui ont fait baisser le marché sont toujours présents», souligne Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

«Les événements de ce week-end n'ont pas vraiment réservé de surprises» et «en l'absence de nouveaux éléments, le marché qui avait réussi à finir la semaine au-dessus des 4.200 points parvient donc à rebondir», observe Andrea Tuéni, analyste chez Saxo Banque.

La Crimée doit demander officiellement son rattachement à la Russie au lendemain d'un référendum qui l'a approuvé à 96,6% des votants, mais a été dénoncé par les Occidentaux, qui ont pris des sanctions ciblées contre des responsables russes.

Le marché n'a pas été surpris par ce vote mais «les nouvelles en provenance d'Ukraine ne sont pas meilleures pour autant et les deux camps (Russie et Occidentaux, ndlr) ne lâchent pas vraiment de lest», ajoute M. Baradez.

Le marché parisien a par ailleurs été aidé par une ouverture en hausse de Wall Street et des indicateurs américains favorables.

«Les chiffres américains ont permis au rebond du marché de se maintenir», signale M. Baradez.

La production industrielle aux Etats-Unis a enregistré un rebond plus fort qu'attendu en février et la progression de l'activité manufacturière de la région de New York s'est légèrement accélérée en mars.

De son côté, la zone euro a publié ses chiffres d'inflation révisés pour février, marqués par un nouveau ralentissement à 0,7% contre 0,8%, propre à relancer encore une fois les craintes récurrentes d'une déflation en Europe.

Parmi les valeurs, les titres les plus dépendants de la conjoncture sont repartis de l'avant, comme Renault (+2,99% à 67,16 euros) ou Schneider Electric (+3,38% à 63,26 euros).

Les banques ont été bien orientées, à l'image de BNP Paribas (+2,46% à 56,62 euros), Crédit Agricole (+2,44% à 11,34 euros) et à un degré moindre Société Générale (+0,77% à 44,34 euros), cette dernière ayant annoncé la cession de sa banque privée en Asie à son homologue singapourienne DBS, pour 220 millions de dollars.

Bourbon a décollé (+23,36% à 23,85 euros), galvanisé par le projet d'OPA annoncé par son premier actionnaire, la holding familiale Jaccar.

Numericable a perdu 1,63% à 29,02 euros. Le nouveau groupe Numericable-SFR, s'il est formalisé, dégagera des synergies d'environ 1 milliard d'euros par an, une croissance du chiffre d'affaires de 2 à 5% et sera peut-être même en mesure de créer des emplois, a affirmé Altice, sa maison mère.

Son concurrent malheureux, Bouygues a reculé (-0,39% à 30,39 euros), tandis qu'Iliad a perdu 1,37% à 198,65 euros et Orange a pris 0,20% à 10,10 euros. Vivendi a gagné 1,16% à 20,13 euros.

Airbus a gagné 0,80% à 50,36 euros, après l'annonce de la commande de quatre de ses moyen-courriers A320 par la compagnie SaudiGulf, une nouvelle compagnie saoudienne.

Veolia Environnement a pris 1,76% à 14,17 euros. Le directeur général de la Caisse des Dépôts Jean-Pierre Jouyet a évoqué un possible désengagement de Veolia Environnement, en soulignant que cette participation faisait partie de celles qui sont «moins stratégiques que d'autres».

Carmat a lâché 3,64% à 86,53 euros après l'annonce d'une nouvelle implantation d'un cœur artificiel d'ici quelques semaines, malgré le semi-échec d'une première tentative.

DBV Technologies a perdu 1,37% à 20,20 euros, souffrant du creusement de sa perte nette en 2013.

Nicox a pris 3,11% à 2,56 euros après avoir lancé la commercialisation en Europe d'une gamme de produits pour la sécheresse oculaire et un test pour diagnostiquer la conjonctivite aigüe.

Archos a gagné 2,79% à 3,69 euros. La société s'est dit confiante dans ses perspectives après avoir réduit ses pertes en 2013 grâce à la montée en gamme de ses produits.

Enfin, ABC Arbitrage a reculé (-0,42% à 4,77 euros), pénalisé par le recul de son bénéfice net l'année dernière.

CAC 40