VIDEO. Arnaud Montebourg: «Les dirigeants de Vivendi ont décidé coûte que coûte de vendre SFR à Numericable»

RACHAT Pour le ministre du Redressement productif, Vivendi préfère Numericable à Bouygues...

avec AFP

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Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg en visite dans une entreprise à Machecoul le 24 février 2014
Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg en visite dans une entreprise à Machecoul le 24 février 2014 — Frank Perry AFP

«J’ai cru comprendre que les dirigeants de Vivendi ont décidé coûte que coûte de vendre SFR à Numéricable», a assure Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif au micro d'Europe 1.

Le ministre a ainsi critiqué un choix qui « pose un certain nombre de problèmes et de questions ».

« Ce que nous avons compris, (...) c'est qu'ils préfèrent le choix de Numericable », a ajouté Arnaud Montebourg. Il a évoqué un risque de surendettement pour Numericable, filiale de la holding Altice et des problèmes d'ordre « fiscal » et de « concurrence ».

Pas d'annonce officielle avant 17h

Un pressentiment confirmé par un article du Parisien, qui croit savoir que la décision est déjà prise. Selon le site, les actionnaires se sont mis d'accord la nuit dernière pour que SFR soit avalé par Numericable. Mais le conseil d'administration est en court et aucun annonce officielle ne devrait avoir lieu avant 17h.

Sur Europe 1, le ministre a également expliqué la préférence du gouvernement pour un «retour à trois opérateurs. Nous pensons que ça ne porte pas préjudice au consommateur et que ça permet de stabiliser un secteur dans lequel nous devons investir pour moderniser la France».

Un risque de surendettement

« Numericable est une petite entreprise par rapport à ce qu'est SFR », a-t-il dit, soulignant que « c'est une entreprise de cinq milliards qui s'endette à hauteur de dix milliards pour acheter plus gros que lui ». « Ce que nous craignons c'est le surendettement, c'est-à-dire ce qu'on appelle les LBO: vous achetez à crédit, et si le marché se retourne (...) ce sont ensuite les entreprises qui tombent et licencient leur personnel », a expliqué le ministre.

L'ensemble des points soulevés par M. Montebourg lui a fait dire qu'une éventuelle reprise de SFR par Numericable est « un dossier au long cours et très difficile ». Vivendi a reçu deux offres de reprises pour sa filiale SFR: l'une émanant de Numericable, l'autre de Bouygues Telecom, qui prévoit de céder son réseau d'antennes et des fréquences de téléphonie mobile à son concurrent Free (Iliad).

Bouygues a relevé son offre jeudi à 11,3 milliards d'euros en numéraire et Numericable aurait fait de même selon des rumeurs, avec une offre potentielle à 11,75 milliards d'euros.