Téléphonie: Trois scénarios pour le rachat de SFR

TELECOMS Les deux nouvelles offres de Bouygues et Numericable sont examinées ce jeudi avant la décision vendredi du conseil d’administration de Vivendi, maison mère de SFR...

Claire Planchard

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Illustration d'une enseigne de l'entreprise SFR.
Illustration d'une enseigne de l'entreprise SFR. — CHAUVEAU NICOLAS/SIPA

Les pourparlers s’accélèrent dans la bataille pour le rachat de SFR. Bien décidé à garder l’avantage, le favori Bouygues a relancé l’offensive mercredi soir, peu avant 20h, l’heure limite de dépôt des offres définitives fixée par Vivendi.

800 millions de plus

Le groupe de BTP a relevé de 800 millions d’euros la partie «cash» de son offre pour la porter à 11,3 milliards d’euros. Sa participation dans la société issue de la fusion entre Bouygues Telecom et SFR serait de 52% contre 49% dans l’offre précédente, précise-t-il dans un communiqué publié ce jeudi matin.

Au total, Bouygues estime que son offre révisée est supérieure d’un milliard d’euros à la précédente car elle valorise SFR à 15,5 milliards d’euros contre 14,5 milliards d’euros. La valeur des 43% du capital du futur ensemble dévolus à Vivendi serait ainsi augmentée de 200 millions d’euros. Enfin «l’introduction en Bourse du nouvel ensemble est envisagée dès la réalisation de la fusion, offrant une liquidité immédiate à Vivendi», précise le communiqué. Bouygues Telecom-SFR détrônerait Orange comme premier opérateur mobile devant Orange et le deuxième dans le fixe.

Engagements sur l’emploi

Du côté d’Altice, maison mère de Numericable, on assure officiellement ne pas avoir modifié l’offre financière initiale qui doit arriver à expiration ce vendredi. Toutefois, selon des sources concordantes citées par Le Figaro, la proposition aujourd’hui sur la table de Vivendi s’élèverait à 11,75 milliards d’euros en numéraire, soit 850 millions de plus qu’il y a huit jours. Une offre de cash à laquelle s’ajoutent les 32% que détiendrait Vivendi dans le capital du nouvel ensemble Numericable-SFR.

Par ailleurs, Altice a accepté des engagements plus fermes en matière d’emploi, qui seraient gravés dans le marbre des accords de licence avec l’Arcep, le régulateur du secteur.

Selon le Figaro, ces deux offres finales de rachat de SFR doivent être débattues «dès ce jeudi» par un comité ad hoc restreint d’administrateurs de Vivendi, avant d’être soumis en séance plénière vendredi.

Plusieurs scénarios ouverts

Plusieurs scénarios principaux sont alors ouverts: soit le conseil administration fait son choix et décide d’ouvrir des négociations exclusives avec l’un des deux candidats. A ce jour, l’offre de Bouygues mieux disante financièrement et politiquement favorisée par Bercy semble avoir un net avantage.

Ou bien les administrateurs peuvent aussi demander aux deux prétendants de revoir leur copie ou de se laisser plus temps pour prendre leur décision. Reste alors à savoir si Altice acceptera de reporter son ultimatum en prolongeant son offre censée expirer ce vendredi ou bien s’il décidera de jeter l’éponge.

Enfin, un dernier scénario consisterait à abandonner la piste de la vente pour revenir au projet initial de Vivendi: la scission de l’opérateur télécom SFR du reste des activités médias groupe en vue de son introduction en bourse, en juillet, comme prévu. Chez Vivendi, on fait savoir que la décision sera prise «dans l’intérêt des salariés et des actionnaires du groupe».