Intéressement ou augmentation, il faut choisir

EMPLOI Les entreprises qui intéressent leurs salariés aux résultats seraient moins promptes à accorder des augmentations de salaires…

A.Ch.
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Les augmentations de salaires ne devraient pas dépasser 2% en 2014 en France, un taux qui n'avait pas été aussi bas depuis 2000, indique mercredi le cabinet Hay Group, qui y voit un effet de la crise et de la croissance atone.
Les augmentations de salaires ne devraient pas dépasser 2% en 2014 en France, un taux qui n'avait pas été aussi bas depuis 2000, indique mercredi le cabinet Hay Group, qui y voit un effet de la crise et de la croissance atone. — Philippe Huguen AFP

On ne peut pas tout avoir: tel semble être le raisonnement des chefs d’entreprise, qui seraient moins enclins à accorder des augmentations de salaires lorsque leurs salariés touchent un intéressement aux résultats. Une étude du Centre d’études de l’emploi révèle que les entreprises qui promettent des primes d’intéressement pour séduire les candidats à l’emploi ont tendance à privilégier cette manière d’augmenter les revenus de leurs salariés plutôt que d’accorder des augmentations individuelles.

Ainsi, sur les deux groupes d’entreprises suivies pendant huit ans par le Centre d’études de l’emploi, la rémunération globale des salariés a augmenté de la même façon mais via la prime d’intéressement dans le groupe d’entreprises ayant mis en place un accord et via les salaires dans celles qui n’en ont pas. Pour les entreprises, l’avantage de l’intéressement est qu’il n’est pas soumis aux cotisations sociales, contrairement aux salaires. D’autre part, il varie en fonction des résultats de l’entreprise et peut être moins important lorsque l’activité est en berne, tandis qu’on ne peut pas revenir sur une augmentation de salaire. Une stratégie qui plaît aux patrons mais qui pourrait réserver de mauvaises surprises aux salariés en cas de baisse des résultats de l‘entreprise.