Automobile: Mia Electric placée en liquidation judiciaire

ENTREPRISE Le tribunal de commerce de Niort a tranché ce mercredi...

C.P.

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La Mia Electric, fabriquée dans les anciennes usines Heuliez.
La Mia Electric, fabriquée dans les anciennes usines Heuliez. — DR

Le soutien de Ségolène Royal n’aura pas suffi. Mercredi, le constructeur de voitures électriques «made in France» Mia Electric, employant 200 personnes à Cerizay (Deux-Sèvres), a été placé en liquidation judiciaire en dépit du soutien du Conseil régional de Poitou-Charentes, détenteur de 12% des parts.

Caisses vides

Selon une source syndicale contactée par l’AFP, le tribunal de commerce de Niort a cité dans ses attendus le manque de trésorerie de l’entreprise, jugeant qu’elle n’avait plus les capacités financières suffisantes pour continuer son activité, même pendant quelques mois, et malgré un marché porteur.

Créée en 2011 à partir de l’activité électrique de l’ancien équipementier Heuliez sous l’impulsion des groupes allemands ConEnergy et Kohl, Mia Electric avait été reprise en juin 2013 par une femme d’affaires d’origine sud-coréenne, Michelle Boos, à travers un consortium d’investisseurs (Focus Asia, détenteur de 88% du capital, la Région Poitou-Charentes disposant de 12%.), avant d’être placée le 13 février en redressement avec une période d’observation de six mois. Une réunion d’étape était prévue le 26 mars mais, face à la situation de l’entreprise, la justice a préféré trancher avant.

«C’est une triste nouvelle», a sobrement commenté Christophe Klein, de la CFE-CGC. «On s’y attendait […] mais quand on a la décision, ça fait mal», a lâché, fataliste, Alfredo Dias Couto, délégué CFDT (majoritaire) et secrétaire du CE. «Pourtant, on a eu des commandes» et les salaires de février «ont été versés», alors qu’ils étaient régulièrement payés avec retard depuis septembre, a-t-il ajouté, manifestement affecté.

Nouveau repreneur?

En 2012, 337 voitures estampillées Mia Electric avaient été vendues. Mais, depuis mi-décembre, aucune voiture n’est sortie de la chaîne de montage, à l’arrêt dans l’attente de pièces que les fournisseurs, qui n’étaient plus payés, refusaient de livrer, selon le délégué CFE-CGC.

«C’est une nouvelle épreuve pour l’entreprise» dont «l’outil industriel […] ne doit pas disparaître», a réagi Ségolène Royal, qui s’est beaucoup investie dans ce dossier. La présidente de la Région Poitou-Charentes a insisté sur l’importance de retrouver un repreneur, l’entreprise disposant de «plusieurs centaines de commandes en cours». Elle a également souhaité que les salariés qui allaient être licenciés «puissent percevoir une indemnité égale à leur salaire actuel pendant un an».

Un repreneur? «Peut-être», a dit Alfredo Dias Couto. «Mais dans quelles conditions? Et quel nombre de salariés sera repris? On n’en sait rien pour l’instant…»