CDI intérimaire: «Il donne vraiment des perspectives professionnelles aux intérimaires et sécurise leur parcours»

INTERVIEW François Roux, délégué général de Prism'emploi , l'organisme patronal de la branche intérimaire détaille les avantages apportés par ce nouveau contrat...

Propos recueillis par Delphine Bancaud
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Une agence d'intérim à Nantes en 2013.
Une agence d'intérim à Nantes en 2013. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

Le Prism’emploi, l'organisme patronal de la branche intérimaire, dévoilera ce jeudi les principales caractéristiques du CDI intérimaire. Son délégué général, François Roux analyse les bénéfices que les intérimaires pourront tirer de ce nouveau contrat.

Comment fonctionne le CDI intérimaire?

Il permet d’effectuer des missions d’intérim à l’intérieur d’un CDI et d’assurer une garantie minimale mensuelle de rémunération (couvrant tant les périodes de mission que les intermissions) à hauteur du SMIC, voire plus. Le premier niveau de rémunération est au SMIC (1.445 euros), celui-ci est majoré de 15% (1.660 euros) pour les agents de maîtrise et les techniciens et de 25% (1.800 euros) pour les cadres.

Quels sont ses avantages pour ses titulaires?

Ce CDI donne des perspectives professionnelles à plus long terme aux intérimaires. Et plus besoin de passer par le chômage entre deux missions, ce qui représente une garantie de rémunération et un confort psychologique certain. Etre titulaire d’un CDI c’est aussi accéder plus facilement au logement et au crédit bancaire. Cela permet aussi d’organiser plus facilement des vacances. L’accès à la formation est aussi favorisé par ce contrat.

Que répondez-vous à certains syndicats qui estiment qu’il s’agit d’un CDI de second choix, puisque les salariés ne touchent pas la même somme tous les mois?

Ce n’est pas un sous CDI mais une avancée. Car il donne vraiment des perspectives professionnelles aux intérimaires et sécurise leur parcours. Il leur permet aussi d’augmenter leur employabilité grâce aux formations.

Mais selon la CGT, ce CDI ne bénéficierait qu’à 4% des employés en intérim. Ne va-t-il pas uniquement profiter qu’à la «crème» des intérimaires?

Il n’est pas possible de proposer des CDI à tous les intérimaires. Donc ces contrats seront proposés en priorité à des personnes qui peuvent être déléguées immédiatement dans les entreprises compte tenu de leur parcours professionnel. Les intérimaires possédant des compétences techniques pointues et ceux exerçant des métiers en tension (dans les secteurs du bâtiment, de l’hôtellerie-restauration, de l’informatique, de l’aéronautique, des nouvelles technologies) sont particulièrement visés.

Ne craignez-vous pas que les agences d’emploi rechignent à signer de tels CDI à une période où elles ont peu de visibilité sur leur activité?

Nous avons pris en compte ces difficultés liées à la conjoncture. C’est pour cela que nous nous sommes engagés à ce que 20.000 CDI soient signés en trois ans. Cet objectif est très raisonnable et comparable à ce qui se pratique en Hollande. D’ailleurs plusieurs grands réseaux ont déjà commencé à signer des CDI.