Le «cloud», un service encore nébuleux pour les Français

EXCLUSIF Seul un Français sur cinq utilise cet espace privé de stockage en ligne, selon un sondage exclusif...

Claire Planchard
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Illustration du cloud computing.
Illustration du cloud computing. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Stocker des photos, des fichiers audio ou des documents professionnels quelque part dans l’espace infini de l’Internet mondial afin de les consulter n’importe où et n’importe quand, depuis un PC, un smartphone ou une tablette. C’est le service de «cloud computing», que proposent depuis quelques années fournisseurs d’accès à Internet, opérateurs mobiles et fabricants de high-tech.

Une techno de geeks

Une technologie à la fois simple d’usage et incroyablement difficile à comprendre qui ne séduit à ce jour que 21 % des Français, selon un sondage exclusif* BVA-Syntec Numérique-20 Minutes-01Business-BFM Business. «C’est une proportion assez restreinte comparée à d’autres usages d’Internet, comme les procédures administratives ou les achats en ligne, mais ce n’est pas une pratique marginale», relativise Erwan Lestrohan, directeur des études chez BVA Opinion.

Selon lui, si ce service n’est toujours pas ancré dans les usages numériques de masse, c’est avant tout en raison des connaissances techniques qu’il requiert: «Stocker des données dans un espace immatériel reste difficile à se représenter pour une majorité d’internautes, c’est pour cela que le cloud reste encore réservé aux geeks», explique-t-il. «Chez les early adopters, les profils qui adoptent en premier les nouvelles technologies comme les 18-24 ans, la proportion d’utilisateurs atteint ainsi 44 %, chez les cadres 31 % et chez les diplômés de l’enseignement supérieur 26 %», souligne le sondeur.

Une sécurité à confirmer

Autre résultat prometteur: les bénéfices du cloud, eux, sont bien connus et identifiés des Français. La possibilité d’accéder à ses contenus n’importe où et n’importe quand arrive ainsi largement en tête des avantages cités (56 % des Français et 74 % des utilisateurs du cloud), devant les garanties de sauvegarde en cas de panne de disque dur (42 % et 56 %) et la possibilité de consulter ses données sur tous ses terminaux -PC, tablette, smartphone (40 % et 53 %). Des atouts qui arrivent loin devant les capacités de stockage supérieures à celle d’un PC ou d’un disque dur externe (40 % des internautes et 35 % des utilisateurs du cloud).

A contrario, la sécurité, elle, apparaît comme le point faible du cloud, voire même un frein à son développement. Seulement 9 % des sondés et 11 % des utilisateurs du cloud citent en effet la protection des données comme un avantage du service. «Aujourd’hui, le cloud est plus une étagère qu’un coffre-fort numérique», estime Erwan Lestrohan. «Pédagogie et assurances sur la sécurité» sont donc clairement les leviers à actionner «pour faire basculer le cloud dans les usages».

*Enquête réalisée auprès d’un échantillon de 1.019 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas) recrutées par téléphone et interrogées par Internet les 6 et 7 mars 2014.