Téléphonie: Résultats et cours de bourse au beau fixe pour Free

ECONOMIE Les négociations pour un rachat de SFR par Bouygues ont boosté les cours de bourse d'Iliad, la maison mère de Free, et de Bouygues...

avec AFP

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Les logos des deux opérateurs de télécom, Bouygues Telecom et Free
Les logos des deux opérateurs de télécom, Bouygues Telecom et Free — Kenzo Tribouillard AFP

Les actions Iliad et Bouygues étaient en forte hausse à la Bourse de Paris lundi matin, propulsées par l'annonce de négociations de vente du réseau de télécommunication du second par le premier. A 09h24, le titre d'Iliad prenait 12,01% à 211,65 euros et celui de Bouygues 5,24% à 31,66 euros. Le bouleversement du secteur profitait aussi à Orange (+3,47% à 10,59 euros) mais plombait Numericable (-8,88% à 25,9 euros), dans un marché en hausse de 0,47%.

Iliad, maison mère de Free, a vu ses ventes progresser de 18,9% et son bénéfice net bondir de 42,3% en 2013 et a renouvelé son objectif d'atteindre un chiffre d'affaires de 4 milliards d'euros d'ici 2015. Le groupe a réalisé un bénéfice net de 265,4 millions d'euros et a vu ses ventes atteindre 3,7 milliards sur l'année, dont 2,5 milliards pour le fixe et 1,2 milliard pour le mobile. L'amélioration du résultat brut d'exploitation, qui bondit de 30,7%, s'explique selon le groupe par «l'atteinte de la taille critique nécessaire à l'absorption de la base de coûts fixes» et par «la hausse du trafic transporté sur le réseau Free Mobile», et donc la baisse du trafic transitant en itinérance sur le réseau d'Orange. Iliad assure qu'il a porté le nombre total de sites 3G en service au 31 décembre 2013 «à plus de 2.500, soit une couverture de plus de 60% de la population».

Recomposition du secteur

Bouygues Telecom a annoncé dimanche être prêt à céder son réseau d'antennes et des fréquences de téléphonie mobile à son concurrent Free (Iliad), afin de faciliter son mariage avec SFR, ce qui recomposerait complètement le secteur en France. Deuxième acteur de la téléphonie en France, SFR est à vendre et sa maison mère Vivendi a annoncé que deux groupes étaient candidats au rachat, Numericable et Bouygues. Si Numericable s'est lancé en tête, Bouygues a frappé un grand coup dimanche en annonçant être entré «en négociations exclusives pour céder à Free, pour un montant pouvant aller jusqu'à 1,8 milliard d'euros, l'intégralité de (son) réseau mobile». Cet accord, qui porte sur «15.000 antennes et un portefeuille de fréquences, dont une partie pour la 4G», est conditionné au fait que Bouygues achète SFR, a précisé le PDG de Bouygues Telecom, Olivier Roussat, au Journal du Dimanche.

Bouygues espère ainsi, de son propre aveu, lever «la principale incertitude qui pesait» sur son projet de rachat de SFR au regard de l'Autorité de la concurrence, en devançant une probable exigence. Car l'ensemble combiné SFR-Bouygues représenterait la moitié du marché mobile en France. Le président de l'Autorité de la concurrence, Bruno Lasserre, a d'ailleurs indiqué que la vente à Free du réseau Bouygues Télécom pouvait faciliter l'examen de l'offre de ce dernier sur SFR, dans un entretien publié lundi par Les Échos.