Face à la spirale de craintes, la Bourse de Paris reprend pied de justesse

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Le palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris, illuminé pour une soirée privée, le 4 février 2014
Le palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris, illuminé pour une soirée privée, le 4 février 2014 — Ludovic Martin AFP

La Bourse de Paris a fini de justesse dans le vert lundi (+0,10%), au terme d'une séance rendue volatile par les craintes liées à la crise ukrainienne et de mauvais indicateurs en Asie.

L'indice CAC 40 a gagné 4,42 points à 4.370,84 points, dans un volume d'échanges de 3,3 milliards d'euros. Vendredi il avait perdu 1,15%.

Sur les autres places européennes, la Bourse de Francfort a cédé 0,91% et celle de Londres 0,35%. Par ailleurs l'Eurostoxx a fini à l'équilibre (-0,08%).

La place parisienne a débuté en légère baisse mais s'est rapidement redressée. Les premiers pas en baisse de Wall Street et les nouvelles venues de l'Ukraine ont ensuite pesé sur l'indice mais celui-ci est parvenu à repasser dans le vert juste avant la clôture.

«Le marché est un peu incertain. L'ouverture a été un peu poussive du fait des publications en Asie», mais le marché s'est bien repris jusqu'à ce que les nouvelles en provenance d'Ukraine et de Crimée «ne jettent à nouveau un froid sur la place», a observé Andrea Tuéni, un analyste de Saxo Banque.

La Chine a enregistré en février un déficit commercial surprise de 22,98 milliards de dollars, tandis qu'au Japon la croissance n'a finalement atteint que 1,5% en 2013.

Ce contexte «bride les élans d'un marché plutôt optimiste par ailleurs», a noté M. Tuéni, et même si la place «ne cède pas à la panique», elle «ne parvient pas non plus à trouver des catalyseurs propres à justifier une hausse» dans un agenda pauvre en actualités macroéconomiques.

«Au final, le dossier ukrainien devrait rester un fil rouge dans les jours à venir, d'autant plus que ses protagonistes n'arrivent pas à avancer vers une issue», a-t-il affirmé.

Le nouveau pouvoir ukrainien tentait lundi, avec l'aide des Occidentaux, d'enrayer le rattachement programmé de la péninsule séparatiste de Crimée à la Russie, que les autorités locales poussent à marche forcée, encouragées par Vladimir Poutine.

Les publications de la matinée, comme le léger recul de la production industrielle française, sa progression en Espagne, et son bond surprise en Italie en janvier n'ont pas eu d'impact majeur sur la cote.

Du côté des valeurs, la cote a été animée par les tractations dans le secteur des télécoms autour de l'opérateur SFR.

Bouygues a bondi de 8,66% à 32,99 euros, après l'annonce par sa filiale Bouygues Télécom de négociations pour céder son réseau d'antennes et des fréquences de téléphonie mobile à son concurrent Free, piloté par la maison mère Iliad (+11,14% à 210 euros).

Cette opération doit permettre à Bouygues d'amadouer le gendarme des télécoms, pour faciliter son mariage avec SFR, filiale de Vivendi (-0,07% à 20,30 euros). En cas de réussite, Bouygues Télécom coifferait au poteau Numericable (-12,39% à 24,90 euros), lui aussi intéressé par SFR.

De son côté, Orange a aussi profité du bouleversement potentiel de l'industrie, et engrangé 4,30% à 10,68 euros.

La société d'investissement Eurazeo a pour sa part progressé de 6,58% à 61,43 euros, grâce à un relèvement de sa recommandation par Exane BNP Paribas.

JCDecaux a cédé 3,08% à 30,49 euros, malgré la finalisation du rachat de 85% du groupe Eumex, qui lui permet de devenir numéro 1 de la communication extérieure en Amérique latine.

Le fabricant de lasers Quantel a décollé (+6,10% à 4,35 euros) après être revenu à l'équilibre financier en 2013, hors impact de la cession d'une activité déficitaire.

Imerys a grappillé 0,17% à 64,87 euros, malgré son renoncement à ce qui devait être sa plus grosse acquisition en quinze ans. Le spécialiste des minéraux industriels a jeté l'éponge après une bataille de surenchères avec son rival Minerals Technologies pour le producteur américain de bentonite (une sorte d'argile) Amcol.

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