LE PDG de Free plaide pour un rachat de SFR par Bouygues

TÉLÉCOMS Xavier Niel entend récupérer un solide réseau mobile...

B. de V. avec AFP

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Xavier Niel, le patron d'Iliad, maison mère de Free, le 10 mars 2014 à Paris
Xavier Niel, le patron d'Iliad, maison mère de Free, le 10 mars 2014 à Paris —

Xavier Niel, le patron d'Iliad, maison mère de Free, a plaidé ce lundi pour le rachat de SFR par Bouygues, un scénario «plus favorable» à tout point de vue selon lui et qui lui garantirait surtout de récupérer un solide réseau mobile.

Bouygues Telecom a annoncé ce dimanche être prêt à céder son réseau d'antennes et des fréquences de téléphonie mobile à son concurrent Free (Iliad), afin de faciliter son mariage avec SFR. «On a essayé en novembre 2012 de racheter SFR» mais l'Autorité de la concurrence a dit à l'époque que «ce n'était pas possible», car cela signifiait «la disparition de Bouygues Telecom», a rappelé Niel lors d'une conférence de presse.

Trois acteurs durables

Quand Vivendi a remis SFR sur le marché, les dirigeants d'Iliad se sont alors dit «que le scénario le plus favorable, à la fois pour les consommateurs, le marché et pour la France, c'était le scénario de Bouygues», a-t-il assuré. Si Numericable (Altice) rachète SFR, «on se retrouve dans un scénario où Altice, SFR et Bouygues forment une seule entité», à cause de l'accord de mutualisation des réseaux mobiles qui lie déjà SFR et Bouygues Telecom.

«Il nous paraissait plus simple d'avoir quelque chose qui permettait d'avoir de manière durable trois acteurs», car si c'est Bouygues qui remporte l'adhésion de Vivendi, «le consommateur va se retrouver avec deux gros acteurs et un plus petit», Orange, SFR-Bouygues et Free Mobile, a dit Niel.

«C'est favorable au consommateur»

Pour le patron d'Iliad, être petit permet de faire «exactement ce qu'il aime faire: faire de la croissance organique, se battre et laminer la concurrence, et c'est favorable au consommateur» car «il n'y a pas de meilleur animateur de la concurrence que ça». Selon lui, c'est également favorable au marché car si c'est l'hypothèse Numericable qui l'emporte «on ne sera plus que deux investisseurs sur la fibre optique: Orange et nous».

Si l'hypothèse Bouygues l'emporte, a plaidé Niel, ce sera aussi favorable pour la France car «c'est un acteur franco-français qui paye des impôts en France, avec des actionnaires français en bout de chaîne et donc l'argent restera en France». Altice, maison mère de Numericable, est un câblo-opérateur luxembourgeois.