Une réforme active des retraites nous guette

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Le Conseil d'orientation des retraites (COR) plaide pour un coup d'accélérateur à l'emploi des seniors afin d'assurer la pérennité du financement des retraites, menacé par le vieillissement de la population et les départs anticipés de la vie active.
Le Conseil d'orientation des retraites (COR) plaide pour un coup d'accélérateur à l'emploi des seniors afin d'assurer la pérennité du financement des retraites, menacé par le vieillissement de la population et les départs anticipés de la vie active. — Pierre Andrieu AFP/Archives

Le débat sur les retraites revient à point nommé, en pleine année électorale. Le gouvernement, qui prendra les rênes du pays en mai, devra se résoudre à une réforme musclée dès 2008, selon le rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) rendu aujourd'hui au Premier ministre.

Les comptes vont déjà mal Après une période excédentaire, les résultats de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse enregistrent un trou de 2,4 milliards d'euros en 2006. La masse salariale, plus faible qu'espéré, a engendré moins de recettes, tandis que les charges sont alourdies, notamment, par les départs avant 60 ans des personnes ayant commencé à travailler avant 16 ans.

L'avenir est incertain La capacité de l'économie à faire face à l'essor du nombre de retraités n'est pas garantie. Si le marché de l'emploi ne se redresse pas, le trou atteindra 7,7 milliards en 2020, au lieu de 4,3 milliards, note le COR. La réforme de 2003 reposait sur un pari optimiste : une hausse des salaires de 1,8 % par an, une baisse du chômage à 4,5 % à partir de 2015 (avec des transferts de l'assurance-chômage à la branche vieillesse) et l'allongement des durées de cotisation. Or les actifs raccrochent dès qu'ils peuvent, souvent pressés par les entreprises et craignant un nouveau durcissement.

Des décisions à prendre Ces perspectives inquiétantes exigent d'agir dès 2008, le premier rendez-vous fixé par la loi de 2003, conclut le COR. Au menu, un nouvel allongement de la durée de cotisation et la réforme des régimes spéciaux, les seuls restés en l'état.

A. Benoit

Les chiffres : 1,9 milliard d'euros, c'est le déficit de la Cnav, prévu à 3,5 milliards en 2007. 1,1 million de retraités et 500 000 actifs sont affiliés aux régimes spéciaux d'EDF, GDF, la SNCF, la RATP, etc. 100 000 salariés sont partis à la retraite avant 60 ans depuis 2004. 400 000 chômeurs de plus de 55 ans sont dispensés de recherche de travail. 17 434 euros. C'est le niveau de vie moyen des ménages retraités contre 19 315 e pour les actifs.