Portugal: le président favorable à un programme de précaution

© 2014 AFP

— 

Le président portugais Anibal Cavaco Silva à Porto, le 7 octobre 2010
Le président portugais Anibal Cavaco Silva à Porto, le 7 octobre 2010 — Miguel Riopa AFP

Le Portugal aurait intérêt à négocier la mise en place d'une ligne de crédit de précaution à l'issue de son plan d'aide financière internationale, en mai prochain, a estimé le président Anibal Cavaco Silva dans un texte paru samedi.

«En termes généraux, pour un pays qui conclut avec succès un programme d'assistance financière, il est possible qu'un programme de précaution soit préférable à une sortie dite +à l'Irlandaise+», a écrit le chef de l'Etat dans la préface d'un livre réunissant ses discours récents et publiée à l'avance par l'hebdomadaire Expresso.

Même prudente, cette prise de position va à l'encontre des déclarations faites en début de semaine par le gouvernement allemand et par la Commission européenne en faveur d'une issue sans filet de sécurité, à l'instar de l'Irlande.

«Il est clair qu'un programme de précaution apporte toujours plus de garanties et de sécurité. Mais si le Portugal était en mesure de s'en passer, ce serait mieux pour tout le monde», avait dit lundi le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

Le président portugais s'inquiète toutefois que sans «filet de sécurité», son pays restera «entièrement à la merci de la volatilité et des contingences propres des marchés», auprès desquels le Portugal devra emprunter afin de financer sa lourde dette.

Selon M. Cavaco Silva, qui appartient au même parti de centre droit que le Premier ministre Pedro Passos Coelho, les responsables portugais doivent «suivre attentivement l'évolution des marchés et de la situation économique international et scruter le sentiment de nos partenaires européens pour, au moment adéquat, prendre la meilleure décision».

Le gouvernement a déjà fait savoir qu'il attendra jusqu'en avril pour décider s'il se porte ou pas candidat à une ligne de crédit de précaution.

En tout cas, «c'est une illusion que de penser que la rigueur budgétaire exigée du Portugal disparaîtra à la mi-2014 avec la fin de l'actuel programme d'ajustement économique et financier», a prévenu le président conservateur à l'adresse de l'opposition socialiste, qui refuse de cautionner la poursuite de la politique d'austérité négociée en mai 2011 en échange d'un prêt de 78 milliards d'euros.