Le gouvernement doit-il supprimer les 192 taxes qui rapportent peu?

C. B.

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Illustration consommation et argent.
Illustration consommation et argent. — JOEL SAGET / AFP

Faut-il en finir avec la taxe sur les flippers, celle sur les baby-foot ou cette autre sur le ski de fond? Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, n’a pas caché son envie de toiletter la fiscalité des entreprises. Mais où faut-il couper? Pour le savoir, il a demandé l’avis de l’Inspection générale des finances (IGF). Celle-ci vient de lui rendre son rapport, que Le Figaro a réussi à se procurer.

Résultat: le ministre du Budget ne manque pas de choix. D’après l’IGF, pas moins de 192 taxes sont jugées comme inefficaces… Soit plus des trois quarts. Ces taxes se révèlent trop chères à recouvrer (elles rapportent chacune moins de 150 millions par an), ont des effets économiques pervers, sont trop complexes ou encore, ne servent pas de réelles politiques publiques.

19 taxes créées en 2010

«Comment en est-on arrivé là? Grâce à l’incroyable inventivité des pouvoirs publics qui s’est accélérée au cours de la dernière décennie», écrit Le Figaro. «Entre 1998 et 2012, ce ne sont pas moins de 93 taxes qui ont fait leur apparition, à un rythme moyen supérieur à six par an. La palme revient à l’année 2010, qui a vu naître 19 taxes.»

L’IGF recommande de supprimer 90 à 120 de ces taxes, voire même d’en conserver seulement une trentaine –les plus performantes. Reste que les 192 taxes présentées comme inefficaces rapportent 5,322 milliards d’euros par an, une manne qui sert principalement à financer les collectivités locales ou des opérateurs publics et des filières économiques.