Bouygues va déposer une offre pour acheter SFR

ECONOMIE Vivendi avait fixé jusqu'à ce mercredi aux prétendants à un rachat de sa filiale télécoms pour déposer leur offre...

M.Gr.

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Illustration d'une enseigne de l'entreprise SFR.
Illustration d'une enseigne de l'entreprise SFR. — CHAUVEAU NICOLAS/SIPA

Ils avaient jusqu'à ce soir pour sortir du bois. Selon FrancetvINFO, qui confirme une information du Monde, le groupe de Martin Bouygues va déposer une offre de rachat de l'opérateur mobile SFR d'ici ce mercredi soir, date butoir fixée par Vivendi, la maison-mère du deuxième opérateur mobile français, qui souhaitait ainsi faire sortir du bois les potentiels acheteurs.

Vivendi avait confirmé, fin février, avoir été approché par la holding Altice, maison-mère de Numericable, en vue d'un «éventuel rapprochement» avec SFR, tout en assurant ne pas avoir renoncé au projet de mise en Bourse de l'opérateur, qui pourrait intervenir le 24 juin.

Altice est prêt à offrir 11 milliards d'euros en numéraire à Vivendi, qui conserverait une part de 32% de l'opérateur tandis que le nouvel actionnaire en obtiendrait 50%, selon un scénario dévoilé par le Figaro mardi. Mais Bouygues Telecom voit d'un mauvais oeil ce mariage qui le laisserait isolé et devrait faire une contre-offre, tandis qu'Iliad, maison-mère de Free, n'a pas dévoilé ses intentions.

Grandes manoeuvres

Selon Le Monde, le fonds d'investissement CVC Capital Partners, qui contrôle l'opérateur suisse Sunrise, est aussi intéressé par SFR. Le fonds, contacté par l'AFP, a refusé de commenter ce qu'il a qualifié de «rumeurs». Les grandes manoeuvres autour de SFR ne se feront cependant pas sans l'accord de l'Autorité de la concurrence car toute opération signifierait un changement du paysage français des télécoms.

Ce marché compte aujourd'hui quatre opérateurs: Orange, Bouygues Telecom, SFR et Free Mobile. Depuis janvier 2012 et l'arrivée du trublion Free sur le marché de la téléphonie mobile, ils n'ont cessé de se livrer à une guerre des prix qui ont sapé leurs marges.

Les difficultés du secteur pourraient pousser l'Autorité de la concurrence et les pouvoirs publics à accepter une concentration. Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a ainsi rencontré les acteurs impliqués, ainsi que la direction de Free et Orange puisque c'est «l'avenir de cet écosystème qui est en jeu», ainsi qu'un grand nombre d'emplois, a indiqué une porte-parole.