Pacte de responsabilité: Patrons et syndicats forcés de se mettre d'accord?

EMPLOI Après un premier round de négociations vendredi, les partenaires sociaux se retrouvent ce mercredi pour discuter des contreparties aux allègements de charges promis aux entreprises...

Bertrand de Volontat
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Le vice-président du Medef Jean-François Pilliard et la vice-présidente de la CGPME Geneviève Roy (d) lors de négociations sur le Pacte de responsabilité avec les syndicats, le 28 février 2014 à Paris
Le vice-président du Medef Jean-François Pilliard et la vice-présidente de la CGPME Geneviève Roy (d) lors de négociations sur le Pacte de responsabilité avec les syndicats, le 28 février 2014 à Paris — Thomas Samson AFP

Jour J ce mercredi pour le Pacte de responsabilité. Ce nouveau rendez-vous fait suite à une première rencontre vendredi dernier entre les représentants du patronat (Medef, CGPME, UPA) et ceux des cinq syndicats de salariés (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC). Elle était axée sur les fameuses «contreparties» en matière d’emploi que pourraient concéder les entreprises en échange des 30 milliards d’euros de baisse de charges -avec maintien du crédit d’impôt (CICE)- promis par François Hollande. «Le CICE, c’est 10 milliards d’euros en 2014, 20 milliards en 2015, rappelle le Premier ministre. Soit une baisse du coût de la masse salariale de 4, puis 6 %.»

Des obstacles… surmontables?

Mais cette réunion a surtout confirmé l’ampleur des obstacles, avec un patronat opposé à tout objectif de créations d’emploi chiffré ou contraignant. Côté syndical, la CFDT est prête à s’engager, mais se montre exigeante sur les contreparties. Joseph Thouvenel, pour la CFTC, a plaidé pour la mise en place d’un «cahier des charges que les branches professionnelles devront suivre selon leurs spécificités», rejetant l’idée de promesses d’embauches globales de la part du patronat. «C’est un bon coup d’envoi», a néanmoins noté Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, suivie par la CFTC et la CFE-CGC.

De son côté, Stéphane Lardy (FO) a dit son refus de signer tout texte: «Les masques sont tombés», «c’est un marché de dupes» avec «zéro contrepartie, zéro contrainte pour le Medef». FO participera toutefois à la réunion de mercredi. Même position à la CGT qui dénonce un «cadeau au patronat».

Un Pacte «clé» pour la politique de l’emploi

Mercredi, un texte commun devra être finalisé sur les contreparties aux allégements de charge. Le Medef a proposé en début de semaine «un écrit» tenant compte des propositions des syndicats qui ont accepté le principe du pacte. Mais ce «relevé de conclusions» envoyé aux syndicats ne propose quasiment aucune contrepartie selon Le Monde, qui a pu consulter le texte. 

Amendable, ce texte pourrait toutefois aboutir ce mercredi à un consensus qui prendra ensuite la direction du gouvernement et des branches professionnelles. Les signataires sont donc attendus de pied ferme. «On verra qui est prêt oui ou non à s’engager, affirmait vendredi Jean-François Pilliard (Medef) en énumérant trois thèmes majeurs: «l’emploi, le dialogue social et les investissements».

Dimanche, le ministre délégué à l’Economie sociale, Benoît Hamon, a tenu à ajouter à l’emploi, «la baisse du coût du capital», c’est-à-dire une réduction des dividendes versés aux actionnaires, comme une contrepartie possible, citant en exemple les patrons allemands qui se sont «serré la ceinture».

Ces ultimes discussions s’annoncent donc tendues. Et l'absence d'accord mettrait l’exécutif en très mauvaise posture. Après l’échec de l’inversion de la courbe du chômage fin 2013 et la déception de voir en janvier près de 9 000 nouveaux demandeurs d’emploi grossir les rangs des chômeurs, le gouvernement considère le pacte comme une «clé» pour relancer l’emploi, selon les termes du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.