La Bourse de Paris rebondit et surmonte ses craintes sur l'Ukraine

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La facade du palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris
La facade du palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris — Eric Piermont AFP

La Bourse de Paris a nettement rebondi (+2,45%) mardi et presque effacé ses pertes de la séance précédente: l'agitation provoquée par les tensions en Ukraine s'est apaisée chez les investisseurs, rassurés par les propos de Vladimir Poutine.

L'indice CAC 40 a gagné 105,03 points à 4.395,9 points, dans un volume d'échanges modéré de 3,9 milliards d'euros. Lundi, il avait lâché 2,66%, et effacé ainsi tous les gains engrangés depuis 10 jours, qui l'avaient conduit à des sommets depuis septembre 2008.

Le reste de l'Europe financière a connu un rebond similaire. La Bourse de Francfort a gagné 2,46%, celle de Londres 1,72% et l'Eurostoxx a pris 2,7%.

Il a suffi d'une séance à la place parisienne pour reconquérir quasiment tout le terrain perdu.

Le CAC a démarré en nette hausse, rassuré par l'ordre donné aux troupes russes effectuant des manoeuvres dans l'Ouest et le centre de la Russie de rentrer dans leurs bases. Il a ensuite fait un nouveau bond en avant après l'intervention de Vladimir Poutine, qui s'exprimait pour la première fois depuis la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch.

«On a quasiment entièrement effacé la pression qui régnait sur les marchés hier. (...) L'étape la plus aiguë de la crise a été désamorcée» par Vladimir Poutine, commente Alexandre Baradez, analyste chez IG.

Le président russe est sorti de son silence pour nier l'implication russe en Ukraine et fustiger un «coup d’État» contre le «seul président légitime», Viktor Ianoukovitch. Mais il a aussi estimé que l'envoi de troupes russes n'était «pas nécessaire pour le moment».

Les tensions restent toujours vives dans cette région russophone, à l'Est de l'Ukraine. Pour la première fois mardi, des soldats russes en treillis, mais sans uniformes officiels, ont effectué des tirs de sommation face à des soldats ukrainiens qui tentaient de s'approcher d'une base aérienne.

«Le reste de la semaine sera donc à déconseiller aux âmes sensibles, car les investisseurs devront trouver leur voie au milieu des vagues d'informations et de rumeurs qui vont agiter les marchés dans les prochains jours», estime Toby Morris, analyste chez CMC Markets.

Washington a pour sa part rompu toute coopération militaire avec Moscou. L'équipe du secrétaire d’État américain John Kerry a également évoqué des sanctions économiques et diplomatiques, qui pourraient entrer en vigueur «dans la semaine».

«Le bras de fer diplomatique devrait donc se prolonger», en raison notamment de «l’importance stratégique de la Crimée», annoncent les analystes du Crédit Mutuel-CIC.

«La crise n'est pas terminée», renchérit Alexandre Baradez, et il faut selon lui s'attendre à une période de volatilité sur les marchés.

«Le marché a juste interprété les propos de Poutine comme un apaisement à court terme, mais les enjeux géopolitiques restent les mêmes. Chaque camp campe sur ses positions : l'Ukraine réclame le retrait des troupes russes de Crimée, les Russes nient toujours une présence en Ukraine et les États-Unis menacent avec des sanctions», conclut-il.

Eclipsés par la pire crise entre Occidentaux et Russes depuis la fin de la Guerre froide, le recul du chômage en Espagne et celui des prix à la production industrielle en zone euro ont été ignorés par le marché mardi.

Du côté des entreprises, toutes les valeurs de l'indice phare CAC 40 ont fini dans le vert, à l'exact opposé de la veille. Les actions les plus malmenées lundi, du fait de leur forte exposition à la Russie, ont regagné du terrain.

Société Générale a ainsi repris 3,39% à 47,3 euros, tout comme Renault en hausse de 2,46% à 69,98 euros.

Crédit Agricole (+3,38% à 11,46 euros) a bénéficié à plein du relèvement de sa recommandation par Société Générale.

Arkema a gagné pour sa part 4,96% à 81,44 euros, soutenu par sa prévision d'une performance opérationnelle en hausse cette année, après une chute de ses résultats en 2013, sous l'impact notamment des taux de change.

Air France-KLM a finalement pris 2,31% à 9,89 euros, après avoir souffert une bonne partie de la séance de l'abaissement de sa recommandation par Barclays.

Alstom a résisté (+0,72% à 19 euros) à l'abaissement de la sienne par HSBC, tout comme Natixis (+0,82% à 5,03 euros) abaissé par Société Générale.

Neopost a perdu 7,13% à 61,1 euros. L'abaissement de sa recommandation par Société Générale l'a emporté sur l'annonce d'un chiffre d'affaires pour 2013 en hausse de 2,4%.

La cotation de Carmat a été suspendue après le décès du malade de 76 ans qui avait bénéficié de la première implantation d'un cœur artificiel autonome conçu par la société, 75 jours après avoir reçu cette prothèse. La société a mis en garde contre toute conclusion hâtive.

Euronext (CAC 40)