La Bourse de Paris accuse le coup face à la crise ukrainienne

© 2014 AFP

— 

La Bourse de Paris a sérieusement souffert lundi (-2,66%) de l'exacerbation de la crise en Ukraine, tout comme ses voisines européennes, les valeurs les plus exposées à la Russie payant le prix fort.
La Bourse de Paris a sérieusement souffert lundi (-2,66%) de l'exacerbation de la crise en Ukraine, tout comme ses voisines européennes, les valeurs les plus exposées à la Russie payant le prix fort. — Thomas Coex AFP

La Bourse de Paris a sérieusement souffert lundi (-2,66%) de l'exacerbation de la crise en Ukraine, tout comme ses voisines européennes, les valeurs les plus exposées à la Russie payant le prix fort.

L'indice CAC 40 a reculé de 117,21 points à 4.290,87 points, effaçant ainsi tous ses gains des 10 derniers jours.

Sur les autres places européennes, le décrochage a également été patent, Fancfort perdant 3,44% et Londres 1,49%, tout comme l'Eurostoxx en recul de 3,02%.

La Bourse de Paris a été affectée dès l'ouverture par la crainte d'une possible escalade militaire et d'une intervention russe.

«Face au durcissement du discours côté européen et l'absence de signes de relâchement côté russe, les marchés payent un lourd tribut et en particulier les places européennes», a souligné Alexandre Baradez, un analyste de IG.

«Ce n'est pas encore la panique, mais le mouvement est quand même très marqué» et «plus la situation perdure et plus les risques de déstabilisation des marchés sont prononcés», selon lui.

Les places financières, très sensibles à «toutes les sources d'incertitude» vont donc «rentrer dans une zone de volatilité», a-t-il poursuivi.

Dans le cas de l'Ukraine, «au-delà du côté purement géopolitique» et de la proximité géographique «vient s'ajouter la dimension liée aux matières premières pour lesquelles l'Ukraine est un centre stratégique», a-t-il estimé.

L'Ukraine s'est déclarée dimanche «au bord de la catastrophe» à la suite de la «déclaration de guerre» de la Russie et semblait perdre rapidement le contrôle de la Crimée, poussant les Occidentaux du G7 à faire bloc contre Moscou et conduisant l'Union européenne à réfléchir à d'éventuelles sanctions.

Dans un tel contexte, faute d'un «signal fort et tangible les risques d'emballement des marchés sont très importants car une situation telle que celle-ci peut durer des mois», a encore observé M. Baradez.

En outre, «à l'aversion pour le risque» qui frappe en premier lieu les actions, «s'ajoute un mouvement de prise de bénéfices» après les niveaux de valorisation «très élevés» atteints récemment par les indices ce qui accentue encore le décrochage, selon lui.

Cette baisse du marché parisien «intervient au moment où le CAC 40 est sur ses plus hauts depuis 2008», a aussi rappelé Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse en estimant que pour l'instant ces tensions géopolitiques «ne sont pas suffisantes pour justifier un retournement de tendance» et faire plonger durablement les indices boursiers.

Sur le front des indicateurs, les nouvelles ont par contre été plutôt encourageantes, sans réussir pour autant à inverser les tendances. L'activité manufacturière dans la zone euro a ainsi vu sa croissance légèrement ralentir en février, mais moins que prévu, tandis qu'aux Etats-Unis les dépenses des ménages aux Etats-Unis, celle de construction et l'activité manufacturière ont aussi augmenté plus qu'anticipé.

Sur le marché parisien, aucune valeur du CAC 40 n'a progressé et les groupes les plus exposés à la Russie ont enregistrés de très fortes baisses, à l'image de Société Générale (-5,43% à 45,75 euros), Renault (-5,41% à 68,3 euros) ou, hors CAC, Tarkett (-7,28% à 29,45 euros).

Plus généralement, les titres les plus dépendants de la conjoncture ont été sanctionnés, comme ArcelorMittal (-4,10% à 11 euros) et Saint-Gobain (-4,67% à 41,47 euros).

En revanche, les valeurs plus défensives, moins dépendantes des mouvements du marché, ont un peu mieux résisté. L'Oréal a ainsi perdu 1,67% à 120,7 euros.

Total a également moins reculé (-1,72% à 46,22 euros) grâce à la hausse des cours du pétrole.

Air France-KLM a souffert pour sa part (-3,42% à 9,66 euros) d'un abaissement de recommandation par Crédit Suisse.

Vivendi a perdu 1,67% à 20,37 euros alors que CANAL+ a acquis une participation de 60% dans Studio Bagel, chaîne humoristique française sur YouTube.

Eurofins s'en est bien sorti (+0,02% à 211,85 euros) après avoir réalisé en 2013 un bénéfice net de 72,2 millions d'euros, en hausse de 9,5%, et estimé que la perspective pour 2014 est «positive».

Wendel a lâché 3,40% à 105,2 euros. La société a investi 152 millions de dollars supplémentaires dans la société IHS holding, l'un des principaux fournisseurs d'infrastructures de télécommunications en Afrique, à l'occasion de sa récente augmentation de capital.

Enfin, Soitec a poursuivi sa hausse (+4,41% à 2,37 euros) après s'être envolé vendredi grâce à une note du courtier Exane-BNP Paribas.

Euronext (CAC 40)