La Bourse de Paris mise sur la réunion de la BCE pour un second souffle

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Revenue à 4.400 points et au plus haut depuis 2008, la Bourse de Paris est à la recherche d'un second souffle, espérant se relancer la semaine prochaine avec une réunion de le la BCE et des indicateurs américains.

Sur la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a pris 0,62% pour terminer vendredi à 4.408,08 points. Ses gains depuis le 1er janvier atteignent désormais 2,61%.

Le marché parisien reprend son souffle après avoir signé lundi un nouveau sommet depuis le 3 septembre 2008. Ce record est venu couronner un mois de février lors duquel le CAC 40 a bondi de 5,8%.

«Faute de convictions, les marchés actions poursuivent leur mouvement de consolidation. En Europe, les principaux indices ont calé (...), un ralentissement prévisible après des prises de bénéfices», résume Judith Danan, analyste chez CMC Markets France.

Revenu à des niveaux très élevés, le marché manque de carburant pour poursuivre sa progression, mais pourrait trouver de nouveaux arguments la semaine prochaine, avec une très attendue réunion de la Banque centrale européenne (BCE), ainsi que de nombreuses statistiques américaines parmi les plus suivies par les investisseurs.

«La BCE est assez attendue ce qui n'était pas forcément le cas lors de la dernière réunion», souligne Isabelle Enos, directrice adjointe de la gestion chez B*Capital (groupe BNP Paribas).

La réunion de la BCE, prévue jeudi, est le grand rendez-vous des prochains jours, alors que les marchés s'inquiètent d'une inflation toujours très basse en zone euro.

«Le marché est attentiste avant la BCE dont il attend des mesures importantes», estime Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

Selon M. Baradez, ces espoirs ont été un des facteurs qui ont permis au CAC 40 de progresser en février.

- Les banques centrales donnent le la -

Les craintes de déflation, sur fond de reprise économique fragile, devraient pousser la BCE à agir selon certains analystes, soit par une baisse des taux soit par des mesures expcetionnelles.

François Duhen, stratégiste chez Crédit Mutuel-CIC, mise toutefois pour l'heure sur le maintien par la BCE de sa politique monétaire toujours accommodante mais sans nouvelles mesures.

Il n'existe «pas de nouvelles informations lui permettant de décider d'une baisse de son taux directeur lors de ce conseil. Qui plus est, le risque déflationniste ne se profile toujours pas, condition qu'avait évoquée la BCE pour décider de nouvelles mesures non conventionnelles», selon lui.

Les investisseurs auront également les yeux rivés sur les Etats-Unis, avec en particulier les indices d'activité ISM et le rapport sur l'emploi américain prévu vendredi.

Ces statistiques seront scrutées alors que les récentes publications portant sur le début de l'année ont dans l'ensemble déçu.

«Les investisseurs ont mis les mauvais indicateurs sur le compte de l'hiver rigoureux. Les prochains chiffres vont permettre de voir si cela n'est qu'un trou d'air», souligne Isabelle Enos.

La présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed) Janet Yellen a estimé jeudi que les signes récents d'affaiblissement de l'économie pouvaient être attribués en partie à de rudes conditions hivernales, soulignant qu'il faudrait «un changement significatif» des perspectives économiques pour que la Fed décide de faire une pause dans la réduction de son aide à l'économie.

- Ultimes résultats annuels du CAC 40 -

Les investisseurs n'oublieront non plus pas les indices PMI d'activité en Chine, qui en diront plus sur l'état de santé d'un des moteurs de l'économie mondiale.

Enfin, le marché parisien sera encore animé par quelques résultats annuels d'entreprises, avec Orange, Gemalto ou Carrefour, alors que tous les autres groupes du CAC 40 ont déjà dévoilé leurs comptes.

Globalement, les résultats n'ont comporté aucune mauvaise surprise, mais ont été reçu de diverses manières.

«Il y a vraiment des traitements différents. Le marché a répondu présent à chaque fois que les sociétés ont donné de la visibilité mais n'a pas pardonné quand les perspectives ne sont pas bonnes et la valorisation déjà élevée», explique Isabelle Enos.

«Pour que le marché parisien aille plus haut, il faudra de toute façon que cela s'accompagne d'une amélioration de la croissance des bénéfices des entreprises», qui puissent confirmer la reprise économique en zone euro, rappelle-t-elle.

Euronext (CAC 40)