Pour Pierre Moscovici, la France se «tient» à sa «trajectoire» de réduction du déficit

ECONOMIE Le ministre s'est abstenu d'avancer des chiffres sur la réduction du déficit...

avec AFP

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Pierre Moscovici à Lens le 13 février 2014.
Pierre Moscovici à Lens le 13 février 2014. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

La France se «tient» à sa «trajectoire» de réduction de son déficit public, a réagi mardi Pierre Moscovici à la publication par la Commission européenne d'une prévision pour l'an prochain très supérieure à l'objectif de moins de 3% visé par le gouvernement. «La France a une trajectoire de finances publiques qu'elle a présentée à la Commission européenne et elle s'y tient», a déclaré le ministre de l'Economie devant la presse, sans citer de chiffre.

La France négocie-t-elle un délai supplémentaire?

Bruxelles table désormais sur un déficit français de 4% du PIB en 2014 et 3,9% en 2015, alors que le gouvernement veut officiellement le ramener à 3,6% en 2014 et 2,8% en 2015. Le ministre a cependant refusé de prononcer le mot de «3%», souriant et ironisant à mesure que les journalistes lui reposaient la question. Interrogé sur la demande par la France d'un nouveau délai pour atteindre cet objectif, il a assuré avoir commencé «à parler avec Olli Rehn», le commissaire aux Affaires économiques, «sans évoquer quoi que ce soit qui ressemble à un délai». Et «je continuerai à discuter avec lui avec une approche constructive», a-t-il ajouté.

Il y a exactement un an, lors de la publication des prévisions de la commission européenne, le ministre avait tenu à peu près le même discours. Quelques semaines plus tard, Bruxelles accordait un délai supplémentaire de deux ans à la France pour se conformer à ses engagements européens. «Les prévisions de la commission européenne, que je prends comme une analyse tout à fait sérieuse, ne sont que des prévisions qui, par définition, pourront être confirmées ou infirmées», a expliqué Pierre Moscovici, estimant qu'il fallait «a minima, attendre l'exécution 2013» qui sera révélée par l'Insee fin mars.

Il a rappelé qu'il s'agissait de prévisions «à politique constante, qui ne tient pas compte des mesures qui seront prises dans le cadre du pacte de stabilité», ni des réductions dans la dépense publiques annoncées d'ici 2017. Pierre Moscovici a également dit ne pas être d'accord avec l'estimation du déficit structurel (hors effets de conjoncture), dont l'amélioration selon Bruxelles sera insuffisante en 2015. Insistant sur le «contexte macroéconomique défavorable à l'ajustement des Finances publiques», il a assuré avoir «confiance» et être «attaché» à ce que la France garde cette capacité à faire refluer son ratio de dette en 2015».