«Voyager confortablement sans supporter un tarif excessif»

Recueilli par Angeline Benoit

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3QA à Marc Rochet, président du directoire d’Elysair, la société qui détient la marque L’Avion.

Faire du «low cost» pour une clientèle affaires, n’est-ce pas paradoxal ?
 
Non, car les «bas coûts» s’appliquent plus à notre concept qu’à notre service. Notre marge et nos dépenses serrées ne nous empêchent pas d’offrir le confort qu’attendent nos clients: sièges larges et inclinables à 140 degrés, 1,20 m d’espace autour du passager, vidéo, prise PC… Notre service est comparable à celui d’Air France, par exemple, mais nous sommes jusqu’à 50 % moins chers.
 
Vous ne proposez que six vols par semaine, contre six par jour pour Air France. Qu’est-ce qui compte le plus pour un homme d’affaires ?
 
Dans cette clientèle, il n’y a qu’une frange qui ne s’intéresse pas au prix, parce que c’est une grande entreprise qui paie la note ou parce que ce n’est pas un coût important pour le passager.

De plus en plus, les voyageurs en business sont envoyés par des PME, des universités, des professions libérales ou des centres de recherches. Ils souhaitent voyager confortablement, notamment parce qu’ils sont souvent en mission, mais sans supporter un tarif excessif.
 
Ne craignez-vous pas la riposte des poids lourds du secteur, dont la rentabilité dépend beaucoup des classes affaires ?
 
Nous nous attendons à une réaction de leur part. Mais l’expérience de Eos et Maxjet entre New York et Londres, avec un concept similaire, montre qu’il y a de la place sur le marché. Le trafic mondial aérien est tellement vaste qu’on peut choisir des stratégies différentes : couvrir la planète entière ou se concentrer sur un petit créneau.