Les ouvriers de Giat sur le sentier de la guerre

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Ils manifestent pour éviter un sixième plan social. Les ouvriers de Giat Industries ont défilé, hier, devant les usines du groupe, qui fabrique notamment les chars Leclerc. Selon les syndicats, ce plan, qui menacerait la moitié des 6 200 emplois, est déjà prêt, mais le gouvernement aurait décidé de le retarder, pour éviter qu’il ne coïncide avec ceux annoncés ou à venir chez Air Lib et Metaleurop. Seul actionnaire de Giat, l’Etat doit-il continuer à produire lui-même les armes qui équipent ses soldats ? Oui, mais à condition que cela soit « viable », a répondu, mardi, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie. Depuis sa création en 1990, Giat n’est jamais sorti du rouge. L’Etat a donc mis la main à la poche. En douze ans, il a déboursé plus de 3 milliards d’euros. Et Giat perdra bientôt son produit phare puisque le dernier char Leclerc sortira des chaînes en 2005. Un coup dur que le lancement du véhicule blindé de combat d’infanterie (VBCI) ne suffira pas à combler. C’est le prix à payer pour « l’indépendance stratégique de la France », estimait en décembre un rapport parlementaire. Ses auteurs suggéraient de confier à Giat le service après-vente des véhicules vendus à l’armée. F. K.