Comment Hollande veut attirer les entreprises en France

COMPETITIVITE Le président de la République reçoit à l’Elysée 34 patrons d’entreprises étrangères implantées en France ce lundi pour en discuter…

Bertrand de Volontat

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Ils sont les plus gros investisseurs étrangers en France, mais peut-être aussi les plus méfiants: le président François Hollande aura fort à faire pour convaincre les Américains de participer à la relance de l'économie française.
Ils sont les plus gros investisseurs étrangers en France, mais peut-être aussi les plus méfiants: le président François Hollande aura fort à faire pour convaincre les Américains de participer à la relance de l'économie française. — Alain Jocard AFP

Opération séduction de l’Elysée auprès des entrepreneurs, acte quatre. Après le pacte de responsabilité, la tournée américaine et les annonces de réformes du financement participatif, le président de la République François Hollande conduira ce lundi son premier «conseil stratégique de l’attractivité».

Une session de travail pour rendre l’Hexagone plus accueillant auprès des investisseurs étrangers. En présence de Jean-Marc Ayrault, de dix de ses ministres et de 34 dirigeants d’entreprises internationales, issues de 19 pays, basées en France. Parmi eux, les dirigeants de Qatar Investment Authority, Adecco, Bosch, Nestlé ou encore Siemens.

Pour Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, ce conseil doit convaincre les patrons «que la France est un pays où l'on peut investir» en leur rappelant les réformes engagées, du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) au choc de simplification. «Ces entreprises représentent un potentiel financier et d’emploi pour la France», explique un conseiller de l’Elysée. Les capitaux étrangers en France pèsent en effet 503 milliards d’euros par an, 20.000 entreprises et deux millions de salariés.

Un menu chargé

Pour les séduire, le président va évoquer avec ses invités l’impact de l’imposition sur les décisions d’investissements en France. Il discutera des conditions d’amélioration de la prévisibilité de la fiscalité, de la flexibilité du marché du travail et de la France comme pays privilégié de l’innovation. Il compte aussi défendre son pacte de responsabilité, visant à alléger les charges des entreprises.

«Nous sommes dans une dynamique post-Etats-Unis», assure une source proche de l’Elysée. La semaine passée, de passage dans la Silicon Valley en Californie, François Hollande a lancé la marche de la réconciliation entre la France et ses entrepreneurs, loin de la polémique des «pigeons» et de la fiscalité confiscatoire.

Des mesures en partie dévoilées

Outre-Atlantique, le président a dévoilé une partie des annonces de lundi. Des «passeports talents» permettront à 5.000 à 10.000 entrepreneurs étrangers chaque année de recevoir plus facilement un visa français, contre une attente de plusieurs semaines à ce jour.

Le chef de l'Etat a aussi appelé le président du Medef à  se pencher sur les offres d'embauche, similaires à celles proposées en Californie, à des étudiants en fin de cycle, leur permettant de «disposer d'une sécurité pour développer leur propre entreprise».

Enfin, il planche sur une manière de permettre aux start-up d'attirer financièrement les talents que s'offrent généralement les grands groupes.

Une chute de l’attractivité

Un train important de mesures qui devrait commencer à gommer l’image peu business friendly de la France. En décembre, 50 dirigeants de filiales étrangères installées en France avaient dans un appel expliqué le mal qu’ils avaient à convaincre leurs maisons mères d’investir dans l’Hexagone.

Car si la France reste le troisième pays le plus attractif d’Europe, elle a perdu de son aura. Le baromètre 2013 du cabinet EY montre une France en net recul en termes d’implantations internationales (-13%) et d’emplois créés, en baisse de 20% sur un an. Les chiffres provisoires de la Cnuced publiés en janvier ne sont pas plus reluisants. Les investissements directs étrangers en France se sont effondrés de 77%, à un peu moins de 6 milliards de dollars.

Toutefois, 73% des investisseurs étrangers implantés en France se déclarent satisfaits du «site France», selon EY. Mais seuls 36% des investisseurs interrogés envisageaient de s’établir en France en 2013. La marche pour le gouvernement est encore  haute.