Comment le crowdfunding français veut booster le financement des start-up

Bertrand de Volontat

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Fleur Pellerin à Paris le 16 janvier 2014.
Fleur Pellerin à Paris le 16 janvier 2014. — MEIGNEUX/SIPA

Nouvel acte en faveur de «l’économie de demain», pour reprendre les mots du président. Après l’offensive de charme dans la Silicon Valley, jeudi, François Hollande, qui a promis «une nouvelle impulsion» au «financement participatif» avec l'adoption en mars d'une ordonnance pour que ce dispositif devienne en France «aussi incitatif qu'aux Etats-Unis», Fleur Pellerin prend le relais.

La ministre déléguée aux PME a présenté ce vendredi la nouvelle version du cadre réglementaire du financement participatif. En France, le poids de ce mode de financement en plein essor reste encore marginal, avec 50 à 70 millions d'euros levés en 2013, contre trois milliards d'euros collectés dans le monde. «Nous voulons créer un cercle vertueux positif pour les start-up et contribuer de manière positive au retour de la croissance», affirme la ministre.

Un besoin de financement précoce

«Les entreprises se heurtent généralement au stade du financement initial, insistent la ministre déléguée aux PME. Dans d’autres pays, cette phase est soutenue par ce qu’on appelle le love money -l’argent de l’entourage. Sans cela, un certain nombre de créateurs sont exclues. Le crowdfunding répond à ce besoin de financement précoce. »

La réforme repose sur trois principes: l’innovation avec la suppression des barrières à l’entrée, la transparence et la confiance, et la mobilisation de la foule des investisseurs. «Tout le monde doit pouvoir investir tout en étant bien informé», poursuit la ministre. Personne n’est exclu sur des critères de fortune. Un label «plateforme de financement participatif» sera délivré par Bercy afin de certifier auprès des internautes la qualité du site. «Nous voulons aider les investisseurs à ne pas aller au-delà de la leur capacité financière, précise Fleur Pellerin, évoquant un outil d’aide à la décision. C'est un aspect de protection du consommateur très important».

De 100.000 à 1 million d’euros par projet

Le don, le prêt ou les fonds propres sont les trois formules du financement participatif. Le don ne change pas. Le prêt rémunéré devient possible pour les particuliers à destination d’autres particuliers ou entreprises à hauteur d'un millions d’euros par projet. Les start-up pourront ainsi lever jusqu’à un million d’euros sur les plateformes contre 100.000 euros. Les prêts se feront par bloc de 1.000 euros maximum pour «diversifier le risque», explique Bercy. Pour atteindre un million d’euros, il vous fera donc 1.000 prêteurs au minimum. L’apport se fera enfin en fonds propres en associant l’internaute au capital de l’entreprise, avec notamment la possibilité désormais d’investir dans une société par actions simplifiées.