La DGCCRF défend son bilan 2013 marqué par le Chevalgate

CONSOMMATION

Bertrand de Volontat

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Benoît Hamon, ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire, défend le bilan de la répression des fraudes
Benoît Hamon, ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire, défend le bilan de la répression des fraudes — A. Gelebart / 20 Minutes

L’autorité de protection des consommateurs de Bercy estime avoir intensifié ses contrôles…

«La France est sans doute l'un des pays d'Europe qui a le mieux contribué à assainir la qualité de l'alimentation». Tels sont les mots de Benoît Hamon, qui présentait ce mardi le bilan annuel de la DGCCRF. Un an après le scandale de la viande de cheval qui a «entamé la confiance des consommateurs et menacé 500.000 emplois», la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes estime avoir bien réagi et tire un bon bilan de son année 2013.

En février 2013, le service national des enquêtes (SNE) de la DGCCRF avait découvert une filière de substitution d’espèce de viande. Une société française avait alors acquis 250 tonnes de viande de cheval pour ses propres fabrications de plats cuisinés et livré 550 tonnes de cheval à la place de la viande de bœuf commandé par un fabricant luxembourgeois. 

La DGCCRF boostée par le «Horsegate»

Cette affaire a conduit la DGCCRF à renforcer la surveillance des filières de production, importation et transformation de viande et de poisson. La DGCCRF estime avoir notamment mis le paquet sur le chevalgate, avec 4.354 interventions en rayons sur les plats cuisinés incriminés en dix jours après la découverte de la fraude, la mise sous surveillance renforcée des filières de fabrication de viande et de poisson avec 996 contrôles d’établissements, 760 prélèvements sur lesquels 22% ont présenté des non conformités. «Ce taux d'anomalies reste significatif, même s'il n'est pas très important comparé à d'autres pays, comme par exemple aux États-Unis», a souligné Benoit Hamon.

Une action que le ministre délégué à la Consommation juge honorable, le jour même où la Cour des comptes qui critique, dans son rapport annuel publié ce mardi, l'insuffisance des contrôles de sécurité sanitaire de l'alimentation. «On peut toujours faire mieux mais nos services de la répression des fraudes et les services vétérinaires du ministère de l’Agriculture travaillent ensemble de manière je crois assez efficace».

En attendant l’obligation d’étiquetage

«Plus il y a d’information, plus c’est dur de tricher», ajoute Nathalie Homobono, la directrice de la DGCCRF. Une transparence que l’UFC-Que choisir conteste encore. Selon l’association, deux tiers des plats cuisinés au bœuf ne mentionnent pas encore l’origine de la viande.

>>A lire, un an après la petite cuisine des plats préparés continue

«Nous sommes les premiers en Europe à inscrire l’étiquetage de l’origine de la viande préparée», poursuit Benoit Hamon qui attend encore que la commission européenne rende l’étiquetage obligatoire en Europe. De là, 35 procès-verbaux et 25 mesures de police administrative ont découlé. «Il faut permettre une meilleure autorégulation tout en continuant les contrôles de loyauté, qui ont augmenté de 39% sur le terrain en 2013», affirme le ministre qui insiste sur le fait qu’il faut désormais proportionner l’amende, jusqu’alors forfaitaire, au montant généré par la triche.

Et la viande n’est pas la seule à subir des fraudes. En 2013, une enquête de la DGCCRF a mené à découvrir du faux cabillaud. Sous l’étiquette cabillaud, dont les quantités pêchées diminuent, était en réalité vendue une espèce beaucoup moins onéreuse. Deux procès-verbaux de tromperie ont été transmis au parquet. La tromperie sur les œufs a conduit à retirer du marché des millions d’œufs italiens prétendument pondus en France et d’œufs dit fermier, bio et label rouge alors qu’ils étaient réalité industriels.