E-commerce: Les casiers de retrait tissent leur réseau

DISTRIBUTION Pratique pour le consommateur et peu coûteux pour les commerçants, ce nouveau dispositif de livraison va exploser en France dans les prochains mois…

Claire Planchard

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Une consigne de retrait de colis Packcity installée dans un magasin Monop' à Paris.
Une consigne de retrait de colis Packcity installée dans un magasin Monop' à Paris. — Packcity

C’est simple mais ça va vous changer la vie. Après avoir été testé et approuvé depuis dix ans par les e-acheteurs allemands, le retrait des achats en ligne dans des casiers en libre service débarque en France.

Déjà proposé depuis octobre par Darty dans son nouveau magasin parisien de Beaugrenelle, ce service vient d’être décliné pour la première fois fin janvier dans l’alimentaire par l’enseigne de hard-discount Dia: dans un magasin du 14e arrondissement, les clients peuvent venir chercher sous 30 minutes leurs courses commandées sur diadiscount.com dans des casiers réfrigérés. «Cette solution répondait à la demande de nos clients d’encore plus de rapidité, de souplesse et d’autonomie dans leurs achats», explique Frédéric Carcopino, le responsable projet diadiscount.com.

Coup d’accélérateur

Au-delà de ces initiatives isolées, le système va bientôt connaître une formidable accélération grâce au partenariat conclu fin janvier entre Geopost, filiale de transport de colis de La Poste et Neopost, spécialiste des solutions de traitement du courrier: avec «Packcity», les deux entreprises entendent déployer en France un réseau de 1.500 consignes automatisées d’ici 2016 «dans les lieux de passage ou de forte fréquentation (gares, centres ville, centres commerciaux…)».

Des tests sont déjà en cours dans trois magasins Monop’ de région parisienne et dans deux centres commerciaux, à Créteil et Epinay-Sur-Seine, en partenariat avec le réseau Relais Colis (Nespresso, Go Sport, Carrefour, Celio, la Fnac ou Pixmania, etc.).

«Nous sommes en discussion avec les foncières propriétaires de centres commerciaux, et aussi avec des enseignes spécialisées et nous espérons à terme pouvoir proposer un large choix de points de retrait. Notre conviction est que seule une couverture large et démocratique permettra l’adoption de ce nouveau mode de retrait des colis», explique Nathalie Labia, responsable de la communication pour Packcity.

Système D

«Avec l’essor du e-commerce, le click and collect (retrait hors domicile des achats en ligne) sera la tendance forte du commerce dans les cinq prochaines années pour répondre à la problématique d’aller au plus près du client. Mais pour le moment, tout le monde bricole dans son coin: c’est le système D qui prévaut car on ne sait pas encore bien quels sont les bonnes solutions et les bons lieux d’implantation», observe Yves Marin, spécialiste de la grande distribution au sein cabinet de conseil Kurt Salmon.

Une chose toutefois est sûre: ce modèle économique s’impose déjà comme un compromis gagnant-gagnant, pour les commerçants comme le client: «Il y a un vrai bénéfice pour le consommateur qui veut un accès toute suite et partout à ses achats mais aussi pour le distributeur qui pourra organiser des multilivraisons en un seul point», constate Rodolphe Bonnasse, directeur général de CA Com, groupe de communication dédié à la distribution, qui promet à la consigne automatisée un bel avenir: «A l’image du drive, qui a connu un essor exceptionnel dans l’alimentaire parce qu’il constitue une véritable alternative de consommation pour les habitants en zone de flux de voiture, le casier est une réponse pour le citadin dans des zones urbaines à fort trafic piéton», conclut-il.