4,4 millions de chômeurs en France?

C. L. avec AFP

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Un rapport souligne le faible retour vers l'emploi des salariés employés dans les ateliers et chantiers d'insertion (ACI), des structures qui contribuent à la réinsertion professionnelle des personnes les plus exclues, et préconise une réforme de leur financement.
Un rapport souligne le faible retour vers l'emploi des salariés employés dans les ateliers et chantiers d'insertion (ACI), des structures qui contribuent à la réinsertion professionnelle des personnes les plus exclues, et préconise une réforme de leur financement. — Philippe Huguen AFP/Archives

Un collectif d'associations a sonné l'alarme mercredi sur une «manipulation» des chiffres du chômage, accusant les statistiques gouvernementales de cacher quelque 2,3 millions de «chômeurs invisibles», deux jours avant la publication du taux officiel de chômage.

Lancé par des associations (Réseau d'Alerte sur les Inégalités, AC !, MNCP, Réseau Stop Précarité) et syndicats (Snu ANPE, Sud ANPE, CGT Insee), le collectif «les autres chiffres du chômage» (ACDC) veut donner à la question sociale «la place qui lui revient dans le débat électoral» à venir.

Officiellement, le chômage touchait 2,1 millions de personnes en octobre. Un chiffre qui prend en compte uniquement les chômeurs de catégorie 1 - personnes immédiatement disponibles qui doivent être à la recherche d'un CDI à temps plein et avoir travaillé moins de 78 heures dans le mois.

ACDC souligne que ce sont au total «près de 4,45 millions de personnes» qui sont recensées «en tant que demandeurs d'emplois» par l'ANPE.

Dans sa note, le collectif fournit une batterie de chiffres, issus de l'ANPE elle-même, et revient sur vingt-cinq années de classification des chômeurs et de pratiques de l'agence. Avec une part des chômages invisibles depuis «multipliée par quatre», Philippe Sabater (Snu ANPE) constate que «l'instrumentalisation politique de l'ANPE est plus forte que jamais».