Gaz de schiste: «La fracturation telle que pratiquée aujourd'hui n'est pas une technique sale», affirme le secteur pétrolier

avec AFP

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Des forages sur un gisement de gaz de schiste dans le Nord de l'Angleterre sont "très probablement" à l'origine de secousses sismiques ayant touché la région en avril et mai dernier, a estimé un rapport d'experts publié mercredi.
Des forages sur un gisement de gaz de schiste dans le Nord de l'Angleterre sont "très probablement" à l'origine de secousses sismiques ayant touché la région en avril et mai dernier, a estimé un rapport d'experts publié mercredi. — Janek Skarzynski afp.com

Le secteur pétrolier hexagonal poursuivra sa campagne en faveur de l'exploitation des hydrocarbures de schiste en France, aujourd'hui interdite, a prévenu mercredi sa principale organisation professionnelle, l'Ufip. «C'est une longue saga, mais nous n'abandonnerons pas», a déclaré Jean-Louis Schilansky, le président de l'Union française des industries pétrolières. «Nous pensons que ce serait une erreur pour notre pays», a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

La fracturation hydraulique, seule technique éprouvée pour exploiter le gaz et le pétrole de schiste, est interdite en France par une loi de juillet 2011, validée en octobre dernier par le Conseil constitutionnel. Elle est décriée en raison des risques qu'elle fait courir à l'environnement et le président français François Hollande a écarté toute exploitation durant son quinquennat. 

«C'est juste pas vrai!»

«La fracturation telle que pratiquée aujourd'hui n'est pas une technique sale. C'est juste pas vrai!», a affirmé Schilansky. «Pendant ce temps, on ne fait rien, c'est du temps qu'on perd». Autre facteur défavorable à l'industrie pétrolière, selon l'Ufip, le «blocage» par le gouvernement d'une centaine de demandes de permis de recherche pour les hydrocarbures dits «conventionnels».

«Aujourd'hui, il y a 112 permis bloqués, d'entreprises essentiellement étrangères qui ont fait des demandes auprès de l'administration française», a déploré Schilansky. «Nous ne voyons rien venir», a-t-il ajouté, précisant que «seulement deux permis ont été octroyés» en 2013. «C'est une situation grave non seulement pour l'industrie française, mais aussi pour le message qui est envoyé à l'étranger. (...) Il ne faut pas s'étonner si les investissements étrangers en France ont baissé».