Carburants en outre-mer: les textes sur la fixation du prix signés mardi

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Le ministre des Outre-mer Victorin Lurel a affirmé lundi soir à Pointe-à-Pitre que les arrêtés de méthode permettant l'application du décret du 27 décembre dernier règlementant le prix des produits pétroliers dans les départements d'outre-mer seront signés mardi.
Le ministre des Outre-mer Victorin Lurel a affirmé lundi soir à Pointe-à-Pitre que les arrêtés de méthode permettant l'application du décret du 27 décembre dernier règlementant le prix des produits pétroliers dans les départements d'outre-mer seront signés mardi. — Nicolas Derne AFP

Le ministre des Outre-mer Victorin Lurel a affirmé lundi soir à Pointe-à-Pitre que les arrêtés de méthode permettant l'application du décret du 27 décembre dernier règlementant le prix des produits pétroliers dans les départements d'outre-mer seront signés mardi.

«J'espère pouvoir les publier mercredi au plus tard», malgré la poursuite du mouvement de fermeture des stations-service par leurs gérants.

«J'espère qu'on s'arrêtera là, que chacun va reprendre son travail, qu'on ne va pas ruiner l'économie des outre-mer» a affirmé le ministre, juste avant de regagner Paris, sur Guadeloupe 1ère La Radio.

Selon M. Lurel, la fermeture des stations-service par leurs gérants depuis jeudi s'explique par «des histoires de gros sous, les Accords interprofessionnels pétroliers (AIP), qui sont des indemnités de fin de contrat».

«Départements français d'Amérique»

Le mouvement des gérants a pris fin dimanche à La Réunion, mais se poursuit dans les départements français d'Amérique (Guadeloupe, Martinique et Guyane).

«En Guyane, où la marge (des gérants) était la plus faible, on l'a portée à 11,04 centimes» par litre de carburant vendu, a précisé le ministre. «En Guadeloupe, c'est là où il y a le taux le plus élevé par litre parce qu'il y a une convention collective» (des pompistes et employés de stations-service), a déclaré M. Lurel avant d'ajouter que «en plus de tout ça, il y avait les AIP» propres aux départements d'outre-mer.

«Les AIP, ça existe en métropole, mais ce ne sont pas les consommateurs qui payent», a-t-il souligné.

«Ici, ce sont les consommateurs qui payent: c'était 0,06 centime par litre, ça a pris fin en avril et je l'ai supprimé parce qu'il y avait une base légale tout à fait discutable (...permettant à) n'importe quel consommateur de porter plainte» a affirmé M. Lurel. Selon lui, les gérants ont, «depuis lors, passé d'autres accords et ont demandé à la préfète de les agréer tout de suite: comment voulez-vous accepter ça», s'est-il exclamé.

Selon le syndicaliste martiniquais Gilles Degras (CGT-M des produits pétroliers), signataire lundi d'un texte publié sur le site internet «Politiques publiques», les AIP liant compagnies pétrolières et gérants ultramarins depuis 2008 leur permettent de bénéficier d'une «prime de fin de gérance, qui ne figure pas dans leurs recettes d’exploitation». «Chaque fois qu’ils prennent livraison de 30.000 litres de produits, ils bénéficient d’une ristourne de 205,80 € (0,6854 € par hectolitre): du 21 août 2008 au 30 juin 2013, ce sont ainsi 11.700.000 euros» qui ont été payés par les automobilistes ultramarins selon le syndicaliste. Il affirme que, à ce titre, des gérants perçoivent ainsi «jusqu’à 230.000 euros».

«On leur a proposé l'extension de la convention nationale des AIP, mais ils n'en veulent pas» a affirmé M. Lurel à ce sujet.

Les gérants ont annoncé lundi qu'ils poursuivraient leur mouvement mardi.

Pour assurer l'approvisionnement en carburant des clients prioritaires, la préfecture de la Guadeloupe a annoncé lundi soir qu'elle réquisitionnait 7 stations-service durant la matinée de mardi, au lieu de 6 comme c'était le cas depuis vendredi.