L'ISF, juste un symbole politique ?

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La France saignée à blanc par l'impôt sur la fortune (ISF) ? Environ 350 contribuables choisiraient chaque année l'exil pour ne pas payer cet impôt. Une perte lourde pour l'Etat, affirment ses opposants. « Faux », répond une étude du Conseil des impôts de 2004. « Au plan budgétaire, les pertes de recettes fiscales demeurent modestes par rapport aux ressources procurées. » Entre 1997 et 2001, 250 millions d'euros auraient ainsi échappé aux caisses de l'Etat qui en faisait rentrer sur la même période 10,3 milliards.

En 2005, l'ISF a rapporté 3 milliards d'euros à l'Etat. Bien moins que les 54 milliards d'euros de l'impôt sur le revenu.Alors pourquoi tant de passions autour de l'ISF ? Parce que sa valeur est surtout politique. Instauré en 1982 par la gauche, « l'impôt sur les grandes fortunes » est abrogé en 1986 par Jacques Chirac, alors Premier ministre. Revenue au pouvoir, la gauche la ressuscite en 1989. Depuis, personne n'a osé y toucher. Encore aujourd'hui, la droite n'aborde pas de front la question. « Quand on gagne de l'argent, il est normal de payer plus d'impôts que les autres », jure le candidat Nicolas Sarkozy. Seule tentative du gouvernement pour atténuer l'ISF : la mise en place en 2007 d'un « bouclier fiscal », qui plafonne à 60 % du revenu les impôts directs.

E. L.