Le Fisc s'impose aux candidats

©2006 20 minutes

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Où vas-tu Johnny ? Depuis que l'idole des (anciens) jeunes a annoncé son départ en Suisse pour raison fiscale, la question des impôts est devenue centrale à quatre mois de l'élection présidentielle (lire aussi en pages France). Si Johnny s'en va « c'est bien qu'il y a un problème », a réagi Nicolas Sarkozy. « Que Johnny vienne me voir ! », a renchéri, hier sur RMC, le ministre de l'Economie, Thierry Breton, qui veut lui présenter ses « réformes fiscales ». Dans l'espoir de le faire revenir sur sa décision ?

« Le cas de Johnny est totalement monté en épingle, déplore Vincent Drezet, secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts. En revanche, la proposition de retenir l'impôt à la source à partir de 2009 pose une question de fond. » Avec cette annonce, Thierry Breton a lancé la polémique, au sein même de l'UMP. Pour Patrick Devedjian, conseiller de Nicolas Sarkozy, ce n'est pas le moment « le plus raisonnable pour lancer une réforme ». En agitant cette idée, le gouvernement a en effet permis à la gauche de rentrer en force dans le débat fiscal. Lundi, François Hollande a promis que le Parti socialiste « reviendrait sur toutes les baisses d'impôt sur le revenu » accordée depuis 2002 aux revenus supérieurs. Une annonce choc, nuancée hier par l'entourage de Ségolène Royal, qui rassure : si la gauche gagne en 2007, « les prélèvements n'augmenteront pas ».

Edouard Lederer