Facebook: Pourquoi la Bourse l'adore après «l’avoir détesté»

INTERNET - La publicité sur mobile explose et le revenu par utilisateur aussi. Mais les défis à relever sont nombreux dans les années à venir…

M.B.

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L'entrée en Bourse de Facebook, le 18 mai 2012.
L'entrée en Bourse de Facebook, le 18 mai 2012. — Facebook/EyePress/NEWSCOM/SIPA

Facebook fait mentir les Cassandre. Après une entrée en bourse ratée en mai 2012 où des craintes sur le réveil d’une bulle Internet ont ressurgi, l’action volait de record en record à Wall Street au cours des séances précédant le dixième anniversaire du réseau social, ce mardi. En vingt mois, le titre est passé de 38 à 63 dollars, soit un bon de 65 %.

» Pourquoi Facebook est là pour durer: Lire l’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis

1,23 milliard d’utilisateurs actifs


«L’entreprise a fait ses preuves auprès des investisseurs. Après l’avoir détesté, le marché l’adore. Facebook a su prendre le virage du mobile et a démontré qu’elle est capable de monétiser son audience», estime Leslie Griffe de Malval, analyste chez Fourpoints Investment Managers.

Facebook compte désormais 1,23 milliard d’utilisateurs actifs au moins une fois par mois, soit presque autant que la population de l’Inde. Et près des deux tiers accèdent même au réseau tous les jours.

Une force de frappe qui lui a permis de récolter près de 6 % des dépenses mondiales pour des publicités sur Internet l’an passé, derrière Google. Pour les publicités mobiles, sa part s’approche même des 20 %. Résultat, le mobile représente plus de 50 % des revenus publicitaires de l’entreprise, contre 0 % début 2012.

1,5 milliard de dollars de bénéfice en 2013


De quoi booster les revenus de l’entreprise qui ont progressé de 55 % l’an dernier à près de 8 milliards de dollars pour 1,5 milliard de bénéfices. Et au dernier trimestre, chaque utilisateur lui rapportait en moyenne 2,14 dollars, deux fois plus qu’il y a un an.

«Si la société a réussi à trouver un bon équilibre entre publicité et confort des utilisateurs avec un message pub tous les 20 posts en moyenne», selon Leslie Griffe de Malval, les défis de Facebook sont nombreux. Le premier est de conserver sa base originale de jeunes utilisateurs, alors que de nouveaux services comme Snapchat, Twitter et Pinterest lui font concurrence.

Mais aussi de faire croître le nombre d’utilisateurs. Face aux marchés occidentaux plus matures, le potentiel est en Asie. Comme Facebook est interdit en Chine, plein feu sur l’Inde, les Philippines, ou encore Indonésie.

Troisième objectif: «Améliorer encore sa rentabilité notamment via Instagram (Racheté pou un milliard de dollars en 2012 ndlr…) qui pour l’instant ne lui rapporte presque rien», indique Leslie Griffe de Malval.