Automobile: L'année 2014 sera-t-elle l'année du rebond?

INTERVIEW Bertrand Rakoto, consultant automobile au sein du cabinet D3 Intelligence, analyse la nouvelle hausse des immatriculations des constructeurs français enregistrée en janvier...

Propos recueillis par Claire Planchard

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Dans une concession automobile.
Dans une concession automobile. — DURAND FLORENCE/SIPA

Rebond conjoncturel ou véritable embellie? Depuis le milieu de l’année 2013, les statistiques mensuelles publiées par le Comité des constructeurs français d’automobile laissent entrevoir un léger redressement des immatriculations du marché automobile français. Un sursaut tiré par les groupes français Renault et PSA, que les chiffres publiés ce lundi viennent une nouvelle fois confirmer.  Les explications de Bertrand Rakoto, consultant automobile au sein du cabinet D3 Intelligence.

Les immatriculations de voitures neuves ont une nouvelle fois progressé en janvier: est-ce de bon augure pour le reste de l’année?

On est encore loin du faste des années d’avant crise mais la tendance à la reprise se dessine depuis le milieu de l’année 2013 et on s’attend en 2014 à une année de progression mesurée des immatriculations. En ce mois de janvier, il y a un effet de hausse mécanique lié au niveau très faible des ventes en janvier 2013. Mais il y a aussi un réel  effet nouveauté  sur un marché où les nouveaux modèles font désormais l’attractivité d’une marque.

Et les constructeurs français bénéficient-ils à plein de ces deux effets?

Oui, alors qu’en 2010-2012 PSA et Renault avaient eu peu de nouveaux modèles, ils ont aujourd’hui pas mal de nouveautés comme le Renault Captur, les Peugeot 2008, 208 ou même la 308 qui continue son lancement alors que certaines marques ralentissent leur dynamique comme par exemple Volkswagen qui a aujourd’hui moins de nouveautés en lancement et voit ses immatriculations en léger recul. Mais il ne faut pas crier victoire: on est encore très loin des volumes d’avant crise et le constructeur allemand a gagné beaucoup de parts de marché pendant la crise, qui seront très difficiles à regagner pour les Français.

Renault et PSA profitent-ils aussi de l’intérêt des consommateurs pour le «made in France»?

Non, je ne crois pas une seule seconde à un effet «made in France». La crise a profondément modifié le marché: désormais la concurrence se fait tout autant par le renouvellement des produits que par une agressivité sur les prix. Les remises et les offres commerciales ne sont plus seulement occasionnelles mais structurelles. On voit ainsi des pourcentages de remises importants sur des modèles lancés depuis à peine plus d’un an!