Accord Bouygues-SFR: Une meilleure couverture pour les consommateurs

Céline Boff
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Un jeune homme envoie un SMS depuis son téléphone mobile.
Un jeune homme envoie un SMS depuis son téléphone mobile. — Salvatore Siggia/SUPERSTOCK/SIPA

C’est une première en France. Vendredi, SFR et Bouygues ont annoncé la mise en commun d’une partie de leurs réseaux mobiles. Concrètement, ils partageront leurs équipements en 2G, 3G et 4G, non pas dans les grandes villes ni même dans les campagnes les plus reculées, mais dans les zones intermédiaires. Qui regroupent tout de même 57% de la population.

Cet accord, décroché après six mois de négociations, permettra aux deux opérateurs de réaliser de substantielles économies. Mais quid de leurs abonnés? Ces derniers peuvent-ils s’attendre à obtenir quelques ristournes sur les tarifs de leurs forfaits? Rien n’est moins sûr. Si SFR et Bouygues vont revenir ce lundi sur le contenu de leur accord, pour l’heure, ils ne mentionnent pas l’éventualité d’un tel geste commercial dans leur communiqué commun.

«Un meilleur réseau»

Le consommateur bénéficiera toutefois «d’un meilleur réseau et donc d’une meilleure couverture, puisque les opérateurs vont additionner leurs équipements et en créer de nouveaux ensemble», analyse pour 20 Minutes Antoine Géron, manager au sein de Polyconseil, un cabinet de conseil en stratégie spécialisé dans les nouvelles technologies.

L'Arcep, comprenez l’Autorité de régulation des télécoms, promet d’ailleurs d’y veiller: «L'accord doit conduire à améliorer les services apportés aux utilisateurs, en matière de couverture et de qualité de service. Ces progrès devront en particulier pouvoir être mesurables et vérifiables au cours du temps».

Mais si Bouygues et SFR se rapprochent, ils ne fusionnent pas: les deux opérateurs conserveront leur indépendance, notamment en termes de services. Et l’Arcep y veillera aussi: «Les opérateurs doivent rester autonomes les uns des autres, en matière stratégique et commerciale. Il convient enfin de s'assurer que l'accord n'aura pas pour effet d'évincer certains concurrents du marché».

Financer le développement 4G

L’ambition des challengers du leader Orange est avant tout de préparer le futur, en limitant son coût. En mettant en commun leurs moyens, ils pourront poursuivre le déploiement de leurs réseaux, notamment en 4G, «dans un contexte de tension sur les capacités d'investissement des acteurs», note la ministre de l'Economie numérique, Fleur Pellerin.

Le gouvernement voit d’ailleurs d’un bon œil ce rapprochement qui «est un pas majeur pour le retour du secteur à l'équilibre». Et appelle même à «la généralisation des accords de mutualisation, afin que chaque acteur puisse en bénéficier». La France est à la traîne dans ce domaine. «De telles mutualisations existent déjà dans d’autres pays et notamment en Europe, où une dizaine d’accords ont été passés, par exemple en Angleterre ou encore en Espagne», rappelle ainsi Antoine Géron.