Détournement d'indemnités

©2006 20 minutes

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Une arnaque à l'échelle industrielle. Un rapport parlementaire sur les fraudes à l'assurance-chômage (Assedic) publié hier donne le tournis. Les députés ont découvert qu'environ 10 000 faux chômeurs avaient soutiré au moins 140 millions d'euros d'allocations. Un chiffre qu'il faudrait encore revoir à la hausse : l'enquête ne parle que des affaires mettant en cause au moins six cents personnes. Tandis que les fraudes individuelles – qui dépassent largement les 140 millions d'euros selon une source proche du dossier – ne sont pas abordées.

Pour détourner ces sommes, des entreprises fictives sont créées (voir infographie) qui permettent d'obtenir tous les formulaires administratifs nécessaires. Il s'agit de véritables filières mettant en cause « des ressortissants d'origine turque et pakistanaise ». Deux professions sont particulièrement touchées : le bâtiment et la confection. Des métiers où l'on n'a pas besoin de parler français et où il y a beaucoup de passage. Ce qui complique considérablement les contrôles. De plus, l'assurance ne s'est dotée d'un service de prévention des fraudes qu'en 2005. Si bien que de nombreuses affaires ont été découvertes « pratiquement par hasard ». Autre talon d'Achille : les fichiers des Assedic ne sont pas systématiquement croisés avec ceux de l'Urssaf. Enfin, ce n'est que depuis le 1er janvier 2006 que les antennes Assedic sont équipées de détecteurs de faux papiers.

Edouard Lederer