«Avoir étudié à l'étranger vous donne une longueur d'avance»

Propos recueillis par Céline Boff

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Etudiants sur le campus de l'Université Bordeaux Segalen (Bordeaux 2).
Etudiants sur le campus de l'Université Bordeaux Segalen (Bordeaux 2). — VALINCO/SIPA

Deux jours pour s’informer. Vendredi et samedi se tient à Paris le salon Partir étudier à l’étranger, organisé par le magazine L’Etudiant (1). Comment les employeurs perçoivent-ils une telle expérience? Peut-elle faire la différence en termes de salaire à l’embauche? 20 Minutes fait le point avec Etienne Deroure, administrateur de Syntec recrutement.

Avoir étudié à l’étranger fait-il la différence sur un CV?

C’est évident. Lorsqu’une entreprise embauche un débutant, elle ne s’offre pas un savoir-faire, puisque le jeune diplômé n’a pas encore d’expérience, mais un savoir-être. Et les recruteurs recherchent plus spécifiquement certaines qualités: la connaissance de soi, la capacité à créer du lien avec les autres, l’adaptabilité. Or, partir étudier à l’étranger permet de développer ces talents-là. En tant que recruteur, je vous l’assure: les jeunes qui ont tenté cette expérience sont plus matures et cela se sent immédiatement. Leur candidature a donc plus de chance de séduire, notamment les grands groupes.

Pourquoi?

Parce que les multinationales sont dans une logique de plus en plus interculturelle. Ils recherchent par conséquent des candidats disposant d’une réelle aisance dans un contexte international. Avoir étudié à l’étranger vous donne de fait une longueur d’avance. En suivant un cursus dans une université étrangère, vous ne rencontrez pas seulement des étudiants locaux, mais des jeunes du monde entier: des Indiens, des Chinois, des Allemands, des Américains, etc.

C’est un brassage extrêmement enrichissant… Et des contacts précieux à conserver. Un jeune ne s’en rend pas forcément compte sur le moment, mais il se crée un réseau international. Il sème ce qu’il récoltera peut-être plus tard.

Quels pays recommandez-vous?

La priorité est de maîtriser une deuxième langue. L’anglais de préférence. Il faut donc privilégier des destinations comme les Etats-Unis, Hong-Kong ou encore l’Australie. Si l’étudiant a les moyens de s’offrir de très grandes universités, type Harvard, cela fera la différence. Mais sinon, le choix de l’école n’est pas primordial: l’apport académique est globalement le même, c’est le dépaysement et la découverte qui comptent vraiment.

Combien de temps cette expérience doit-elle durer pour être pertinente?

Au moins un an. Un semestre, c’est un peu juste. Mais attention: il faut vraiment pousser l’expérience jusqu’au bout et ne pas céder à la facilité, par exemple en s’installant dans une colocation avec des francophones. Cela demande du courage, bien sûr, rechercher l’inconfort n’est jamais facile, mais l’expérience sera plus gratifiante et la récompense, plus grande.

Cette expérience se traduira-t-elle par un surcroît de salaire à l’embauche?

Non, sauf si vous avez décroché un diplôme dans une université prestigieuse. Sinon, étudier à l’étranger n’a pas allongé la durée de votre cursus, il n’y a donc pas «d’investissement à rembourser». Mais cette expérience fera la différence pour décrocher un poste. Je pense même que ne pas avoir tenté cette aventure est un moins sur un CV. Ca fait vraiment très franchouillard de ne pas être allé voir ailleurs, de ne pas s’être frotté au monde.

(1) Les 1er et 2 février, de 10h à 18h, au Parc des expositions de Paris, Porte de Versailles.