Pourquoi vous auriez du être banquier d'affaires à Manhattan...

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Le président américain George W. Bush va annoncer ce mardi le remplacement de John Snow comme secrétaire au Trésor par Henry Paulson, actuel PDG de la banque d'affaires Goldman Sachs, a indiqué un haut responsable de l'administration.
Le président américain George W. Bush va annoncer ce mardi le remplacement de John Snow comme secrétaire au Trésor par Henry Paulson, actuel PDG de la banque d'affaires Goldman Sachs, a indiqué un haut responsable de l'administration. — Yoshikazu Tsuno AFP/Archives

Cette petite entreprise ne connaît pas la crise. La grande banque d’affaires new-yorkaise, Goldman Sachs, a engendré des bénéfices record avant impôt de 14,6 milliards de dollars sur l’exercice financier 2006.

Ce sommet dans l’histoire de Wall Street représente un bond pour la société de 70%. Pour le plus grand bonheur de ses hauts responsables qui s’octroient des primes à la hauteur de ces résultats pharaoniques.

Les actionnaires avaient en effet approuvé que la maison de courtage verse jusqu’à 0,6% de ses bénéfices à chacun de ses 25 grands dirigeants. Ils avaient également éliminé le plafond de 35 millions de dollars sur les primes. Résultat : le président du conseil et PDG du groupe, Lloyd Blankfein, 52 ans, touche le jackpot avec une prime de 87 millions de dollars, soit 4386 années de smic (dont 27,3 millions en cash, 15,7 millions en actions de la banque et 10,5 millions sous forme de stock-options).

Une somme à faire pâlir de jalousie John Mack, PDG de Morgan Stanley, deuxième banque d’affaires au monde, qui n’a perçu, lui, « que » 40 millions de dollars de primes. L’ancien patron de Goldman Sachs, Henry Paulson, avait été récompensé, lui, l’année dernière de « seulement » 30 millions de dollars.

Goldman Sachs Group a mis de côté cette année 16,5 milliards de dollars pour les salaires, les primes et les avantages. Soit une moyenne de 622.000 dollars pour chacun de ses employés.

Mais le cas n’est pas isolé. D’une façon générale, les banques d’affaires ont vu leurs marges exploser au cours des derniers mois. A Wall Street, les primes et les bonus devraient augmenter en moyenne de 15 à 20% cette année par rapport à 2005. A eux seuls, les 170.000 banquiers et autres courtiers qui travaillent dans les cinq plus grandes banques d’investissement new-yorkaises devaient toucher environ 36 milliards de dollars de bonus. Soit plus de 30 fois plus que le revenu net 2006 du groupe Air France (1.204.000.000 dollars) ou plus de cinq fois le PNB de la Somalie.