Ecomouv' pourrait assumer un report du système écotaxe «jusqu'à la fin de l'année»

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La société Ecomouv' pourrait assumer un report "jusqu'à la fin de l'année" de la mise en place du système de collecte de l'écotaxe, que le gouvernement a suspendu sine die, a déclaré mercredi Giovanni Castellucci, l'administrateur délégué d'Autostrade, dont Ecomouv' est la filiale.
La société Ecomouv' pourrait assumer un report "jusqu'à la fin de l'année" de la mise en place du système de collecte de l'écotaxe, que le gouvernement a suspendu sine die, a déclaré mercredi Giovanni Castellucci, l'administrateur délégué d'Autostrade, dont Ecomouv' est la filiale. — Thomas Samson AFP

La société Ecomouv' pourrait assumer un report «jusqu'à la fin de l'année» de la mise en place du système de collecte de l'écotaxe, que le gouvernement a suspendu sine die, a déclaré mercredi Giovanni Castellucci, l'administrateur délégué d'Autostrade, dont Ecomouv' est la filiale.

Le consortium est dans une situation financière difficile car l'Etat n'a toujours pas réceptionné le système écotaxe, incluant portiques, bornes et système informatique, retardant pour au moins trois mois le versement du loyer mensuel de 20 millions d'euros.

Un neuvième portique écotaxe situé dans l'Ouest a dû être démonté dimanche, après avoir été endommagé.

«On peut tenir plusieurs mois, il n'est pas impossible d'arriver jusqu'à la fin de l'année», a dit Giovanni Castellucci, interrogé à l'Assemblée en compagnie d'autres représentants du consortium par la Mission d'information sur l'écotaxe poids lourds.

«Le projet est aujourd'hui en danger parce que les créanciers n'ont pas de visibilité sur la mise à disposition du système qui aurait dû déjà être prononcée», a-t-il toutefois souligné, évoquant une «urgence de clarté» du gouvernement.

Huit banques - quatre allemandes, trois italiennes et une française - ont investi dans le projet, mais leurs emprunts ne seront garantis qu'avec la mise à disposition du système.

«Aujourd'hui le dispositif est prêt, les tests se sont terminés avec succès, l’État dispose de tous les éléments pour la mise à disposition de ce dispositif», a plaidé le vice-président d'Ecomouv', Michel Cornil.

«Propositions le plus rapidement»

«Nous sommes tous convaincus de la nécessité de faire des propositions le plus rapidement, il faut redonner à l'écotaxe du sens et la rendre acceptable», lui a répondu le rapporteur de la Mission d'information, le député PS Jean-Paul Chanteguet.

La remise du rapport de cette Mission d'information, prévue en avril, conditionne le versement du loyer dû par l'Etat à Ecomouv'.

Une période de suspension trop longue aurait notamment comme conséquence pour la société de renouveler le processus d'enregistrement des véhicules taxés, 200.000 l'étant déjà.

Ecomouv' s'appuie sur la perspective de toucher 250 millions d'euros par an, soit environ 20% des recettes attendues de l’écotaxe, un montant supérieur à certains contrats similaires dans plusieurs pays voisins.

«Le système français est le premier a répondre aux standards européens d'écotaxe, la complexité est liée à la création d'interfaces avec les sociétés de télépéage qui ont des technologies différentes», a expliqué M. Castellucci.

Ce dernier n'a pas souhaité se prononcer sur le coût éventuel pour l'Etat d'une suppression définitive du dispositif, sans démentir formellement le chiffre de 800 millions d'euros évoqué en cas de rupture de contrat.