La courbe du chômage s'inversera-t-elle en 2014?

Céline Boff

— 

Un bureau de Pôle emploi à Bordeaux.
Un bureau de Pôle emploi à Bordeaux. — SEBASTIEN ORTOLA/20 MINUTES

Le suspense est terminé. Les chiffres du chômage de décembre sont tombés ce lundi et ils confirment une légère hausse du nombre de chômeurs, et non une inversion de la courbe du chômage comme espéré par le gouvernement.

Mais quid de 2014? La courbe du chômage s’inversera-t-elle enfin cette année? Il ne faut malheureusement pas trop l’espérer. Tout simplement parce que notre croissance restera poussive. Elle devrait être comprise, d’après les prévisions des diverses institutions économiques, entre 0,6% et 0,9%. Or, «il faut une croissance d’au moins 1% pour créer de l’emploi et d’au moins 1,5% pour commencer à réduire le chômage», rappelle l’économiste Marc Touati, auteur du Dictionnaire terrifiant de la dette.

Une hausse moins forte

Ne cédez pas à la panique pour autant. Grâce à cette croissance molle, au Crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) dont toutes les entreprises bénéficient depuis le 1er janvier dernier et aux contrats aidés (emplois d’avenir, contrats de génération, etc.), le chômage n’explosera pas cette année. D’après l’Unédic, l’organisme qui gère l’assurance-chômage, les destructions d’emploi devraient ralentir progressivement jusqu’à une quasi-stabilité au dernier trimestre 2014.

Sur l’ensemble de l’année, 14.400 postes seraient détruits. C’est bien moins qu’en 2013 (75.800). Evidemment, comme la population active va continuer d’augmenter, le chômage progressera également, mais moins rapidement qu’en 2013. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A devrait connaître une hausse de «seulement» 63.200 personnes en 2014, contre 168.700 personnes en 2013.

Certes, il n’y a pas de quoi se réjouir. Mais le plus dur semble derrière nous. «Les entreprises ont ajusté leurs effectifs ces derniers mois, mais pas encore totalement. Elles vont encore licencier et surtout, si le rebond économique se présente, elles attendront six mois à un an d’activité soutenue avant de recruter», analyse Marc Touati. Autrement dit, les premiers impacts positifs en termes d’emploi sont attendus plutôt en 2015.

Un chômage à 11% en 2014

Sans compter que le pacte de responsabilité, nouvel instrument anti-chômage dans la boîte à outils de François Hollande, ne sera pas voté avant l’automne, puisque les partenaires sociaux doivent en arrêter le contenu au printemps.

Du coup, pour 2014, «nous pouvons envisager un scénario pessimiste, avec une croissance autour de 0,3%, ce qui impliquerait forcément une hausse du chômage, jusqu’à 11,5% voire 12%, contre 10,9% aujourd’hui. Nous pouvons aussi imaginer un scénario optimiste avec une croissance à 1%, liée à un rebond de la confiance, qui permettrait au chômage de se stabiliser», énonce Marc Touati. Lui privilégie toutefois «un scénario moyen, avec une croissance autour de 0,7%, qui permettrait au chômage d’augmenter très légèrement, puis de se stabiliser, autour des 11% à 11,2%».