Les créations d'emplois au cœur des négociations sur le pacte de responsabilité

ECONOMIE Les syndicats souhaitent obtenir des engagements chiffrés des entreprises en termes de création d'emplois...

Audrey Chauvet
— 
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans une agence Pôle Emploi de Lorient (Morbihan) le 27 décembre 2013.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans une agence Pôle Emploi de Lorient (Morbihan) le 27 décembre 2013. — FRANK PERRY / AFP

Des baisses de charges contre des créations d’emploi: le principe du pacte de responsabilité, annoncé le 31 décembre par François Hollande, va devoir se traduire pour les organisations syndicales en objectifs chiffrés. Le chantier, lancé ce lundi par Jean-Marc Ayrault, s’ouvrira par des entretiens avec les représentants du patronat et les syndicats qui attendent des contreparties claires à la baisse annoncée du coût du travail.

Des engagements de la part des entreprises

«Il s'agira d'écouter ces organisations sur les annonces du président de la République» et sur ce qu'elles «attendent du pacte de responsabilité», explique Matignon. Le dialogue social instauré par le Premier ministre risque toutefois d’achopper sur les exigences des organisations syndicales, qui refusent de signer un chèque en blanc aux entreprises sans «contreparties» chiffrées en termes d’embauches. Alors que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a évoqué un objectif de 2 millions d'emplois créés, Jean-Marc Ayrault ne veut pas fixer de chiffre: «Je n'ai pas des engagements une conception administrative», a expliqué le chef du gouvernement dans une interview au Monde, ajoutant toutefois qu’il faudra «des contreparties sur un certain nombre de thèmes précis: la création d'emplois pour les jeunes et les seniors et la réduction de la précarité.»

Néanmoins, les syndicats attendent des négociations, qui devraient aboutir au printemps lors d’une grande conférence sociale, qu’elles clarifient les contreparties «claires, précises, mesurables» voulues par François Hollande. Laurent Berger, secrétaire générale de la CFDT, estime qu’il est «hors de question que d'un côté il y ait des allègements de charges et de l'autre rien du tout. Il faut que les entreprises passent de l'objectif à l'engagement, il faut que les engagements soient définis branche par branche avec des objectifs en terme d'embauches, en termes de contreparties pour le dialogue social et d'insertion des jeunes», mais sans tomber «dans la logique de deal».

«On est dans un brouillard complet»

La CFTC souhaite également «des chiffres pour pouvoir avancer. Un chiffre global, puis aller voir branche par branche pour voir comment les entreprises ont utilisé cette baisse des charges. Pour l'instant, on est dans un brouillard complet», a regretté Philippe Louis, président confédéral de la CFTC.  La CFE-CGC, elle, se dit prête à aller négocier «avec des contreparties, des choses mesurables au niveau national (…). Pour nous, la règle dans les contreparties doit être le CDI pour redonner des perspectives que ce soit aux jeunes ou aux seniors», a déclaré sa présidente Carole Couvert.

Alors que FO a refusé de participer aux négociations et que le Medef refuse de s’engager sur le chiffre d’un million d'emplois créés en cinq ans, les entreprises et les syndicats auront sans doute du mal à s’accorder sur un objectif chiffré d’embauches en échange des allégements de charge de 30 milliards d'euros d'ici 2017. Le Premier ministre aura l'occasion de préciser les intentions du gouvernement en lançant mercredi et vendredi les Assises de la fiscalité des entreprises et celles de la fiscalité des ménages.