Chômage: Les chiffres de décembre amorceront-ils l'inversion de la courbe?

ECONOMIE Dévoilé ce lundi, le nombre de demandeurs d'emplois à la fin décembre 2013 est une échéance symbolique dans l'engagement de François Hollande...

Audrey Chauvet

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POL EMILE/SIPA

«Inverser la courbe du chômage d’ici la fin 2013»: l’objectif que s’était fixé François Hollande va être confronté à la réalité des chiffres ce lundi avec l’annonce par Pôle Emploi du nombre des demandeurs d'emplois inscrits sur ses listes à la fin décembre.

Pas assez de croissance pour résorber le chômage

Après des mois de hausse continue du chômage, le gouvernement n’espère toutefois pas un retournement providentiel à la fin 2013. Pour le ministre du Travail, Michel Sapin, le compte n'y sera pas: le chômage sera «quelque part comme étale à la fin de 2013», a-t-il expliqué, en rappelant que le gouvernement avait «réussi au moins à stabiliser le chômage qui augmentait de 30.000 demandeurs d'emplois par mois au début de l'année», contre 5.500 au 3e trimestre.

L'Unédic, l'organisme paritaire qui gère l'assurance chômage, table aussi sur une «quasi-stabilisation» du chômage fin 2013 et sur une hausse de l’ordre de 63.200 demandeurs d’emploi supplémentaires en 2014 faute de reprise économique assez forte. Michel Sapin a contesté ces chiffres, affirmant néanmoins que «l'économie française doit prendre le relais de la création d'emplois aidés». Mais avec une prévision de croissance économique comprise entre 0,8 et 1,1% pour 2014 selon les organismes internationaux, la France risque d’avoir du mal à résorber le chômage par la simple reprise de l’activité: les économistes estiment qu'environ 1,5% de croissance est nécessaire pour créer des emplois en nombre suffisant.

Le pacte de responsabilité, un nouvel espoir pour l’emploi?

Le gouvernement mise donc plutôt sur le pacte de responsabilité proposé aux entreprises pour qu'elles embauchent en contrepartie d'environ 30 milliards d'euros d'allègements de charges. Michel Sapin table sur le «volontarisme d’une mobilisation» des acteurs économiques mais rien ne dit pour le moment, à la veille de l’ouverture des négociations sur le pacte de responsabilité, que les entreprises joueront vraiment le jeu et que l’impact sur l’emploi sera perceptible. «La baisse des charges aura des incidences directes sur l'emploi mais seulement deux, trois ou quatre ans après», a prévenu la CGPME.

Alors qu’en octobre le nombre de chômeurs en catégorie A (sans aucune activité) avait baissé de 0,6% pour un total de 3.275.200, il avait augmenté en novembre de 0,5%, soit 17.800 chômeurs de plus.