Les emplois d'avenir dopent les associations

Céline Boff

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Un bureau du Pôle emploi à Bordeaux.
Un bureau du Pôle emploi à Bordeaux. — SEBASTIEN ORTOLA/20 MINUTES

Ça va mieux. Après avoir perdu 9.500 emplois –l’équivalent du plan social chez PSA– entre septembre 2012 et mai 2013, les associations ont renoué avec les recrutements entre juillet et septembre 2013. La hausse est timide, à +0,3%, révèle la dernière enquête réalisée par l’Institut Recherches et Solidarités, mais elle existe, contrairement au secteur privé, qui enregistre un nouveau recul (-0,1%).

D’ailleurs, «entre 2006 et 2013, le secteur associatif a vu ses effectifs progresser de 10%, alors que le secteur privé est resté au même niveau», explique Jacques Malet, président de l’Institut. «Cela montre bien que les associations, qui représentent un salarié du privé sur dix, soutiennent l’emploi de manière significative».

L’aide à domicile et la culture en danger

Reste que le sursaut des effectifs dans le monde associatif est, pour l’essentiel, lié aux emplois d’avenir, lancés par le gouvernement en novembre 2012. Ces nouveaux contrats, dont le salaire est subventionné à 75% par l’Etat, sont «progressivement montés en puissance au sein des associations, amortissant les effets de la crise et du recul des subventions. Sans eux, l’année aurait été mauvaise», analyse Jacques Malet.

Elle l’a malgré tout été dans certains secteurs. Comme ceux de l’aide à domicile et de la culture. «Du fait de la baisse de leur pouvoir d’achat, les particuliers recourent moins aux services à domicile. De même, les familles limitent le nombre d’activités de leurs enfants et les associations culturelles en pâtissent –elles enregistrent un recul de leurs adhérents», détaille Jacques Malet. Qui s’inquiète: «Depuis 2010, l’aide à domicile a perdu 10.000 emplois et le secteur culturel, qui représente tout de même 60.000 emplois, a perdu 6% de ses effectifs… C’est considérable!»

Crainte des politiques publiques

Dans leur ensemble, les associations gardent toutefois le moral, même si les petites structures peinent à trouver des bénévoles et si les grandes galèrent à décrocher des subventions. L’évolution des politiques publiques est d’ailleurs un vrai un sujet d’inquiétude et l’arrivée des élections municipales ne redonne pas d’espoir particulier au tissu associatif. Au contraire. Certains dirigeants soulignent la «langue de bois» des élus et parfois même, leur clientélisme.

Autre inquiétude plus profonde, comme en témoigne ce responsable, celle du «désengagement des services publics au profit de l'action par le secteur privé lucratif».