Pacte de responsabilité: Pour les contreparties, il va falloir attendre

Céline Boff

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François Hollande le 14 janvier 2013 à l'Elysée.
François Hollande le 14 janvier 2013 à l'Elysée. — A. JOCARD / AFP

On le sait, les entreprises payeront bientôt moins de charges. François Hollande s’y est engagé le 31 décembre avec son Pacte de responsabilité et l’a réaffirmé la semaine dernière puis ce mardi, lors de ses vœux aux acteurs économiques.

Mais à quoi s’engageront les employeurs en retour? Pour le savoir, il va falloir attendre. Et une fois encore, ce sont les partenaires sociaux, c’est-à-dire les organisations patronales et les syndicats de salariés, qui vont devoir élaborer ensemble le contenu précis du Pacte de responsabilité. Si les discussions vont débuter rapidement, les décisions seront arrêtées au printemps seulement, au cours d’une grande conférence économique et sociale.

Des objectifs par filières

Seule certitude: les contreparties porteront sur l’emploi. Car, en lâchant du lest aux entreprises, François Hollande espère faire reculer le chômage. C’est, estime-t-il, la seule carte à jouer puisque son gouvernement a, toujours selon lui, déjà exploré toutes les autres pistes, avec la mise en place des emplois d’avenir, des contrats aidés, des contrats de génération ou encore du plan de formation pour les emplois non pourvus.

Si le chef de l’Etat poursuit ainsi sa bataille de l’emploi, il ne fixe pas d’objectif global à atteindre. «On ne va pas dire «on crée un million, 1,3 ou 1,4 million d'emplois», ça n'a pas de sens», assure-t-on à l'Elysée, qui préfère que les partenaires sociaux définissent des buts à atteindre par filières et par typologie d’entreprises (grandes, petites ou moyennes).

Le Medef se montre gourmand

François Hollande rassure donc ainsi le Medef, qui refuse de s’engager sur le chiffre d’un million d'emplois créés en cinq ans. Pour autant, le chef de l’Etat l’assure: les objectifs fixés par les partenaires sociaux devront être clairs et mesurables. Il veut notamment des mesures spéciales pour l’emploi des jeunes et des seniors.

Evidemment, les négociations entre patronat et syndicats s’annoncent difficiles. Le Medef se montre déjà gourmand: alors que François Hollande a évoqué le chiffre de 30 milliards de baisse des charges, Pierre Gattaz, le patron des patrons, réclame 100 milliards. Quant aux organisations syndicales, FO a annoncé son refus de participer –«c’est une question de principe», a justifié Jean-Claude Mailly, son numéro 1.