Allemagne: le moral des investisseurs recule légèrement sans inquiéter

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Le moral des investisseurs allemands, mesuré par l'indice ZEW, a affiché un recul inattendu en janvier, le premier depuis le mois de juillet, mais sans que cela n'inquiète les investisseurs.
Le moral des investisseurs allemands, mesuré par l'indice ZEW, a affiché un recul inattendu en janvier, le premier depuis le mois de juillet, mais sans que cela n'inquiète les investisseurs. — Angelika Warmuth DPA

Le moral des investisseurs allemands, mesuré par l'indice ZEW, a affiché un recul inattendu en janvier, le premier depuis le mois de juillet, mais sans que cela n'inquiète les investisseurs.

Ce baromètre, qui mesure les attentes des investisseurs pour les six mois à venir, a atteint 61,7 points en janvier contre 62 points en décembre, ce qui constituait un sommet depuis avril 2006, selon les données publiées mardi par l'institut ZEW.

Or les analystes du consensus réalisé par l'agence Dow Jones Newswires attendaient une nouvelle progression du ZEW, à 64 points. Ceux de la banque LBBW voyaient encore plus grand avec un ZEW à 68 points.

Le président de l'institut ZEW Clemens Fuest a toutefois minimisé ce recul, qualifié de «léger». «Depuis des mois, les experts des marchés de capitaux attendent un redressement. Leur estimation semble le confirmer», a-t-il jugé, soulignant que la composante de l'indice qui porte sur l'appréciation de la situation actuelle en Allemagne a gagné 8,8 points pour atteindre 41,2 points, soit «son meilleur niveau depuis mai 2012».

Pour Carsten Brzeski, économiste de la banque ING, le ZEW reste «solide» malgré son recul. «L'économie allemande a l'air d'être dans les starting blocks pour une accélération de sa croissance cette année», a-t-il ajouté.

Annalisa Piazza, du courtier Newedge, partage cette analyse, jugeant que «malgré la correction à la baisse qui n'avait pas été anticipée, étant donné (...) l'amélioration générale de la confiance depuis le début de l'année, le résultat de ce jour ne constitue pas un mouvement dramatique et intervient après le solide rebond de décembre».

Une humeur raisonnablement optimiste

Pour Jonathan Loynes, de Capital Economics, «l'enquête du ZEW de janvier confirme que les investisseurs allemands ont démarré l'année d'humeur raisonnablement optimiste».

Le fait marquant selon lui est que «la composante mesurant les conditions actuelles, qui tend à avoir un meilleur lien avec l'économie réelle, a nettement progressé en janvier. A ce niveau, cet indice a par le passé été cohérent avec une croissance du PIB de quelque 2%».

Toutefois, il faut rester prudent avec ce genre de publications, a-t-il ajouté. «Les chiffres provisoires suggèrent que la croissance du PIB allemand a été de manière décevante faible au quatrième trimestre de l'an dernier. Et nous craignons que même la super-compétitive économie allemande soit affectée par la force de l'euro». Ce qui ne l'empêche pas de prédire une croissance de 1,5% pour l'Allemagne en 2014.

Christian Schulz de la banque Berenberg a quant à lui souligné la progression des attentes des investisseurs allemands concernant la zone euro, qui a grimpé à 73,3 points en janvier après la nette augmentation déjà enregistrée en décembre, avec des «sondés bien plus optimistes pour l'Italie et la France».

Son confrère de BayenLB Stephan Kipar a noté que «trois quarts des sondés (75,3%) s'attendent à une amélioration conjoncturelle dans la zone euro et que seule une très petite part s'attend à une nouvelle dégradation».

La bourse de Francfort n'a elle pas semblé s'inquiéter de la baisse du ZEW, affichant à 11h39 GMT une hausse de 0,40% à 9.755,09 points.